• Noemi de Carvalho

Demain la Chine: démocratie ou dictature? Vers quel ordre économique?

Journal nº8 - 2/07/2021


Une dictature sera bientôt la première puissance économique mondiale : Mise au point sur la démocratie.


Les états n’ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts. - Charles de Gaulle. À l’issue des deux grandes Guerres Mondiales du 20ème siècles, les États-Unis se sont affirmés comme la puissance économique dominante et le modèle de la démocratie occidentale. Nous pourrions nous demander au 21ème siècle : quel est le meilleur modèle économique. La question s’est déjà posée à l’époque de l’union soviétique, et c’était conclus par la victoire sans appel du modèle démocratique capitaliste. Mais la montée de la Chine remet à nouveau en question le modèle des démocraties libérales (symbolisée par les États-Unis). Les élèves du Lycée Molière étudiant depuis des décennies un système fondé sur démocratie et laïcité, « liberté, égalité, fraternité » auront tendance à vouloir suivre un système démocratique plutôt que dictatorial. Mais aujourd’hui de plus en plus, les démocraties comme nous les envisageons deviennent floues et limitées.


Ainsi, face à un monde où la Chine (une dictature) va devenir la première puissance économique mondiale, il faut profiter de notre liberté pour se demander comment vont se dérouler ces prochaines années. Dans un monde ou tout indique qu’une dictature, la Chine va devenir la première puissance économique mondiale, comment vont réagir les grandes puissances démocratiques occidentales ?

D’abord, mettons les choses au clair : il est naïf de penser que le titre de « démocratie » rend automatiquement un État juste. Sur le papier, les États-Unis d’après-guerre ont voulu construire un monde décolonisé, aux règles commerciales qui sont les mêmes pour tous. Pourtant, nous connaissons ses instabilités économiques, politiques et sociales. Entre leurs problèmes raciaux, d’immigration, des situations de monopole et abus de pouvoir et à l’international des tensions avec la Corée, la Chine, la Russie, l’Iran, Cuba… la liste des limites du système américain est longue.


Il faut tout de même faire le contraste avec la Chine. Celle-ci vise plutôt l’élimination des libertés et une emprise du monde comme elle le fait déjà sur Hong Kong ou avec les Ouigours. Le Parti communiste de Xi Jinping va à l’encontre de la démocratie dans la mesure où il ne voit que sa propre loi : c’est un état souverain, totalitaire et qui abuse de son pouvoir.

Le monde a ainsi compris que la Chine est devenue une menace pour la démocratie et pour le pouvoir économique des pays du G7*. Mais il semble y avoir un dilemme des grandes démocraties, sur la manière dont ils vont contrer la Chine. Dans la discussion de Joe Biden avec les dirigeants du G7, le retour au pouvoir des républicains inquiète. Le nouveau président accède ainsi au pouvoir après bilan décevant de Donald Trump, qui a tenté de raffermir la fragile domination américaine sur la Chine. La Grande-Bretagne et le Canada sont davantage liés que les autres membres du G7 aux intérêts américains.


Si certains pays aimeraient contrer la Chine et voir un succès américain, les autres pays du G7 ne peuvent plus risquer de tout miser sur les États-Unis. D’où leurs biais face à la Chine. Par exemple quelques pays auront du mal à annoncer qu’ils condamnent la dictature en Chine (ou même en Russie), tout en gardant des relations cordiales avec l’Arabie saoudite ou la Turquie. Pour renforcer ce biais, l’ambassade de Chine à Londres a souligné que pour Pékin tous les pays sont « égaux » et que les affaires mondiales devaient être traitées en consultation avec tous les États dans une ambiance basée sur le « multilatéralisme ». Lors de la dernière réunion du G7 avec la Chine, la puissance a averti que l’époque où « de petits groupes de nations » qui décidaient du sort du monde entier est terminée depuis longtemps. Le gouvernement de Xi Jiping conteste les accusations d’être abusif, malhonnête et de violer gravement et quotidiennement les droits de la personne en Chine, tout en mettant en avant les comportements économiques condamnables des Américains et leurs problèmes raciaux ou économiques de Trump.

Concluons en disant que la démocratie occidentale est préoccupée par les succès de la Chine. Le système américain a depuis longtemps été le modèle économique dominant, mais les grandes puissances démocratiques sont hésitantes face à leur

positionnement.


C’est donc sur un terrain social que les États-Unis peuvent être amenés à manquer de crédibilité aux yeux de la communauté internationale. Ce qui met en risque la défense de la démocratie. Nous voyons ainsi des nations qui sont partagées entre les abus de domination de la Chine et sa croissance qui s’apprête à dépasser les États-Unis. Reste à se demander si les choix se feront sur une base de stratégies économiques sans pouvoir s'opposer de manière morale quant aux respects des droits de l'Homme.


*Le G7 est une alliance économique informelle des sept économies avancées du monde : l'Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni et l'Union européenne. Ce sont les grandes puissances, et leurs décisions ont un effet domino sur le reste du monde (par une influence économique et politique).


Noémi De Carvalho, Terminale A