• Maria Clara Fontes & Jasmine Arnould

L'éditorial - cinquième édition

Journal nº5 - 02/04/2021


13 mars 2020

On était tous là, à rire et à se dire, « chouette ! Des vacances en avance ! » Après tout, avions-nous tort ? Tort d’être heureux et de prendre les choses joyeusement ? Certes, on aurait été moins heureux si l’on savait ce qui nous attendait. On était donc parti, sans trop savoir pourquoi, pour 15 jours sans école. Mais 15 jours plus tard, nous étions encore à la maison et un cycle infini commença. Et ce ne fut qu'à la mi-octobre que nous avons pu retrouver nos professeurs, notre école, apercevoir seulement les yeux, des regards perdus, des masques. Mais nous étions heureux, heureux d’être là, de retour, peu importait les conditions. Car, quand on y pense, le monde entier s’est retrouvé enfermé chez soi. Le monde entier.



Revenons un peu dans le temps : la Chine a notifié les premiers cas d'un nouveau coronavirus à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) le dernier jour de 2019. Mais l'OMS a seulement déclaré que nous étions officiellement en pandémie il y a un peu plus d'un an, le 11 mars 2020. Dès lors la covid-19 a rejoint le groupe des épidémies majeures qui ont affecté la santé mondiale au fil du temps, telles que la peste noire, la variole, la grippe de 1918 et, plus récemment, le sida dans les années 1980 et le H1N1 en 2009 . Aucune de ces maladies ne représente aujourd'hui une menace pour l'humanité. Même l'un d'entre eux (la variole) a été complètement éradiquée.


Mais quand est-ce que la covid-19 ne sera plus qu’un malheureux souvenir et ne sera plus une pandémie ?


La réponse la plus directe vient de la définition de ce qui constitue une pandémie. Selon l'Académie royale espagnole, il s'agit d'une "maladie épidémique qui s'étend à de nombreux pays ou qui attaque presque tous les individus d'une région". Par conséquent, on en déduit que la covid-19 cessera d'être une pandémie quand elle ne sera plus d’aussi grande portée qu’aujourd’hui.


Mais qui fixe cette limite?

Même si l'OMS décide que la pandémie est finie, ce sera chaque pays - ou même les états ou provinces - qui détermineront quand l'urgence de santé publique prendra fin et quand les quarantaines et restrictions pourront être levées.

Un an plus tard, le 11 mars 2021, seuls 14 pays ou territoires dans le monde sont indemnes de la maladie, selon l'OMS. Dans ce groupe se trouvent 12 îles situées dans les océans Pacifique et Atlantique qui ont dû fermer leurs frontières pour rester à l'écart du virus. Il y a environ 119 millions de personnes qui ont déjà été infectées et 2,6 millions de décès - et ces chiffres continuent d'augmenter jour après jour. Par conséquent, l'objectif d'interrompre complètement les chaînes de transmission du coronavirus semble très difficile, voire impossible. Cette difficulté persiste même si l'on considère qu'il existe huit vaccins qui préviennent la maladie et au moins 125 pays et territoires qui ont déjà commencé à immuniser la population.

Bilan Final, en un an, qu’est-ce qui a vraiment changé ?

Il y a un an, on nous a dit de rentrer chez nous et de nous confiner, et aujourd’hui ? Les plages et établissements se referment, et les écoles ne vont surement pas tarder… Un an plus tard, le monde se retrouve encore dans la même situation, si ce n’est pire. Pendant que le virus montre son évolution, la société peut-elle en dire autant? Des nouvelles méthodes de travail, apprendre à s'amuser à distance, trouver des activités pour faire passer le temps et garder l'optimisme d'un côté, alors que de l'autre il y a le non respect des gestes barrières, le stress et le mécontentement de la population envers les décisions politiques. Un équilibre qui nous amène finalement nul part.



Les habitudes, les coutumes et les valeurs ont changé et affecté les relations de travail. Nous commençons à voir que nous n'avons pas besoin de tant de personnes travaillant si longtemps au même endroit chaque jour. Les entreprises parient et se spécialisent dans les systèmes de livraison, intégrant le processus numérique. Mais ces derniers sont encore petits comparés aux changements économiques, sociaux et politiques à venir. La politique devra également être mise à jour face à l'influence du coronavirus. L'esprit de solidarité aurait dû s'accroître car nous avons maintenant un ennemi commun, le virus. Vivrons-nous la même ambiance que nos grands-parents vécurent lors de l'après guerre en Europe? Où tout le monde connaissait quelqu'un qui fut touché par de près ou de loin par la mort, mais qui par la suite a créé un sentiment d'empathie parmis la population pour reconstruire l'après.



Maintenant, on attend. Puisqu’en vrai, on ne sait trop rien sur tout ça. On se pose des questions, on a un peu peur, on se dit qu'un jour ça sera fini, mais quand ? L'incertitude nous suit à tout moment et le doute est plus que jamais présent dans nos vies.


Car dans un an, où en serons-nous ?

Maria Clara Fontes & Jasmine Arnould

Rédactrices en cheffe du Lièrmo