• Maria Clara Fontes & Jasmine Arnould

L'éditorial - neuvième édition

Journal n 9 - 2/09/2021

Jasmine Arnould & Maria Clara Fontes Rédactrices en cheffe du Lièrmo


Chers lecteurs du Lièrmo ! Nous voici revenues après des vacances méritées!!! Bien que nous eussions déjà quelques autres sujets pour nos éditoriaux, nous avons pris la décision de les traiter dans une prochaine édition puisque nous considérons que le thème abordé ci-dessous est une priorité et doit être traité à chaud.

Durant la semaine du 16 août 2021, notre Proviseur est passé dans les classes de seconde afin de signaler l’existence d’un groupe WhatsApp, dans lequel circule des photos de filles auxquelles sont attribuées des commentaires insultants et humiliants. Un évènement désolant, qui suscite une réflexion sur l’importance de plusieurs aspects !

Et c’est sur ça que nous voulons attirer l’attention : les réseaux sociaux. Chaque contenu publié ne peut plus être effacé. Nous sommes dans un monde connecté, dans lequel la plupart d’entre nous est présent. C'est un endroit où les gens, cachés derrière leur écran, s’arrogent le droit de propager la haine, rabaisser les autres et pratiquer le cyberharcèlement. Autrement dit, surfer sur internet peut se révéler dangereux si on ne maîtrise pas toutes les règles de bonne conduite. Ce que l’on poste sur internet au fur et à mesure du temps, construit notre image, voire notre personal branding.

Nous sommes nés avec les réseaux sociaux, en plein essor des nouvelles technologies ainsi que la création de plusieurs plateforme (YouTube, Instagram, Snapchat, TikTok...). Et puisque nos parents n’ont pas connu cet univers, alors nous ne sommes pas avertis, éduqués et renseignés sur les conséquences de nos actes sur internet. Nous commençons seulement maintenant à en avoir un peu plus conscience. Une chose est donc cruciale : l’éducation.


En parlant d’éducation, revenons au groupe WhatsApp qui est allé au-delà des photos et vidéos postées sur les réseaux sociaux. Entre les commentaires, les jeux pervers et les photos déformées, des clichés ont également été pris à l’insu des filles, zoomées sur leurs parties intimes. C’est un crime punissable par la loi.


Ce genre de situation, qui malheureusement n’est pas une exception, nous montre à quel point notre société doit encore évoluer. La femme est toujours autant hypersexualisée.


Nous avons déjà fait un éditorial qui réfléchissait sur la condition de la femme, et nous avons conclu notre éditorial par : « Respectons-nous, les unes les autres. Nous avons déjà fait un éditorial qui réfléchissait sur la condition de la femme, et nous avons conclu notre éditorial par : « Respectons-nous, les unes les autres. Aimons-nous, les unes les autres. »

Et nous revenons sur la même phrase, respectons-nous, tous.


En tant que filles, prêtes à devenir femme, nous proclamons le respect. Envers notre corps, notre personne, notre dignité. À ceux qui s’amusent à dénigrer les images d’autrui, sachez que nous ne sommes pas des objets et que vous n’avez pas le droit de nous sexualiser. Nous demandons également à toutes les filles, à toutes les femmes, de se tenir la main. Dans un monde encore si injuste envers nous, encore si patriarcal, il faut se soutenir les une les autres.

Nous demandons aux éducateurs d’orienter les personnes qui prennent du plaisir à nous rabaisser, car si rien n’est fait maintenant, peut-être deviendront-ils les agresseurs du futur. Nous demandons à chacun de faire son devoir de citoyen.

Cet éditorial a pour but d’informer ce qui s’est passé, afin que cela ne se reproduise plus, d’avertir les filles, mais aussi les autres personnes des contenus publiés sur les réseaux et de ceux qui y ont accès, et enfin d’avertir les adultes qui ont un rôle clef dans notre vie, celui d’éducateur.


Face à ce cas déplorable des mesures ont été prises. Le meneur du groupe WhatsApp a été convoqué, sanctionné et les parents avertis. Des excuses en public ont eu lieu envers les classes de seconde. Le groupe a été dissous ainsi que les données. L’histoire n’est pas finie. Elle va encore être traitée. Des professionnels viendront nous rendre visite et des débats seront organisés. Une issue sera trouvée afin d’empêcher au maximum que ce genre de situation se reproduise. Des enseignements et un travail pédagogique seront mis en place.


Une prise de conscience doit avoir lieu.


Nous avons agi, mais nous sommes encore révoltées.


Alors nous nous raccrochons à l’espoir que ces camarades, oui, camarades que nous voyons tous les jours depuis de nombreuses années, n’avaient pas de si mauvaises intentions et qu’ils n’avaient pas conscience du mal qu’ils pouvaient nous faire. À 15 ans, nous avons tous le droit à une seconde chance, mais pour se faire il faut avouer, assumer, regretter et changer d’esprit : une prise de conscience doit avoir lieu.