• Lucas de Coster

Métier : Journalisme

Journal nº8 - 2/07/2021


Vivre l’actualité, la comprendre, et surtout la partager, tel est le travail d’un journaliste. Si ce métier continue à faire rêver nombre d’entre nous, il est aujourd’hui confronté à de nombreux défis. La mort de la presse écrite, l’avènement d’Internet, des réseaux sociaux, de la désinformation… Tant de défis qui poussent certains à affirmer que le journalisme serait aujourd’hui en déclin. Pour voir si cela est vraiment le cas, j’ai fait appel à la journaliste Sarah Cozzolino. Correspondante pour RFI au Brésil, elle a acceptée de me raconter ce qu’est être journaliste en 2021.

Quel est le quotidien d’un journaliste ?


On dit souvent qu’un journaliste ne compte pas ses heures… ce n’est pas faux.

Tous les matins, dès mon réveil, je m’informe, j’écoute la radio, lis des dépêches de l’AFP. Si une actu m’intéresse, je la mentionne dans mes différentes conférences de presse, et le travaille le reste de la journée. Pour cela, j’effectue des recherches, vais à la rencontre des gens, de mes sources. Et j’en tire au bout de quelques jours un article. Seulement, je ne suis pas une journaliste traditionnelle qui travaille dans une rédaction, mais bien une journaliste correspondante. Mon travail est donc de rapporter au public français le gros de l’actu Brésilienne. Ce statut me permet de jongler entre l’actu chaude, comme des manifestations ou une déclaration du président, et l’actu froide, ou j’ai le temps de prendre du recul, d’analyser plus en détail l’actualité. Je fais donc à la fois des articles courts et des reportages plus longs, plus poussés.



Quel est ton parcours ? Pourquoi as-tu choisi d’être journaliste ?


Je ne me suis pas réveillée un jour en me disant que j’allais être journaliste. Après mon Bac L, bien que bonne élève, j’étais un peu perdue, je ne savais pas vraiment quoi faire. Cependant, étant donné que ma mère avait été journaliste, et après avoir fait mon stage de 3ème dans un journal, je me suis dit que je pouvais tenter le journalisme. J’ai donc fini par faire 2 ans de journalisme à la ESJ de Lille. J’ai ensuite passée un Master en management des institutions culturelles à ScPo Lilles. Entre temps, j’ai commencé à écrire, à travailler pendant les weekends, à faire des apparitions en radio... À la fin de mon master, j’ai fini finaliste à un concours de la RFI, qui m'a permis d’obtenir un CDD. J’ai vite demandé à être envoyée à l’étranger, car j’avais très peur de m’ennuyer au bureau. Aujourd’hui, je suis freelance, je ne dépends d’aucun journal et offre mon savoir-faire à plusieurs médias. Bien que cela fasse rêver, ça reste précaire. Je ne suis pas devenu journaliste pour l’argent. Cependant, j’ai l’occasion de faire un travail qui me plait, de faire des rencontres et de vivres des expériences uniques dans un pays riche comme le Brésil. Voilà pourquoi je suis journaliste.


Que penses-tu de la désinformation, et du fait qu’aujourd’hui, les jeunes s’informent majoritairement sur les réseaux sociaux ?


L’essor des fakes news est selon moi très grave. Elles circulent beaucoup plus rapidement que les infos conventionnelles, et les dernières élections de 2018 au Brésil restent un exemple marquant des conséquences qu’elles peuvent avoir. Les gens n’ont plus confiance dans les médias. Ces derniers n’attirent plus le grand public, encore moins les jeunes. Lorsque je sors dans la rue, je me rends compte qu’une grande partie de la population brésilienne s’informe sur WhatsApp, je suis choquée par le nombre de désinformations dont ils me font part. Pire, lors d’une manif pro-Bolsonaro, j’ai entendu des manifestants crier « CNN lixo » avant d’agresser un journaliste de la chaîne. Bref, il est indispensable que les médias se remettent en question et trouvent des moyens de s’adapter. « Brut. » est un excellent exemple de média adapté aux réseaux sociaux, résultat, son public est majoritairement jeune.


Infos pratiques :


- Salaire moyen d’un journaliste : S.M.I.C (~1000 Euros)

- Études nécessaires : Licence dans un domaine général (histoire, économie, sciences politiques) + école de journalisme

Lucas de Coster, TA