• Marina Farcette

Massacre de Jacarezinho

Journal nº7 - 2/06/2021


Le 6 mai, la police militaire est rentrée dans la communauté du Jacarezinho, dans la Zone Nord de Rio de Janeiro, pour emprisonner 21 suspects et a tué 28 personnes. Le massacre est considéré comme étant le deuxième le plus meurtrier de l’histoire de Rio.


L’opération avait pour objectif d’arrêter 21 individus accusés d’incitation de mineurs au trafic de drogue. De ce groupe, 3 ont été tués et 3 arrêtés, au moins 13 victimes n’étaient pas suspectes.


Alors que le STF (supremo tribunal federal) avait interdit les opérations dans les favelas de Rio pendant la pandémie, le président Jair Bolsonaro a félicité la Police Civil pour le massacre de Jacarezinho. La Police Civil nie les accusations d’abus de force et affirme que les agents ont agis en légitime défense. Le délégué Rodrigo Oliveira critique la « victimisation des criminels ». Il affirme également que la seule exécution qui a eu lieu est celle d’un policier mort pendant l’opération.


Cependant les habitants et les familles des victimes témoignent que les victimes ont effectivement étés exécutés par la police. Une vidéo de The Intercept Brasil montre un père qui décrit l’exécution d’un jeune désarmé dans la chambre de sa fille de 9 ans.


Des défenseurs publics ont déclaré que des rapports et des images capturés par des résidents et des journalistes indiquent qu'il y a eu des exécutions sans que les suspects aient une chance de se rendre.



"Nous recevons de nombreuses images, de nombreux audios qui disent que des maisons ont été envahies, que des biens ont été détruits. Il y a des soupçons d'exécutions extrajudiciaires, c'est-à-dire que des gens ont été tués sans aucune chance de défense, déjà dominés",

a déclaré Jurema Werneck, directeur d’Amnesty International Brésil, à TV Globo.



Selon le portail G1, les comptes rendus des événements montrent que, sur les 27 morts considérés comme suspects par la police, 24 ont vu leur corps enlevé sans expertise sur les lieux.


Plusieurs organisations pour les droits humains, la « Coalizão Negra por Direitos » et l’Ordre d’Avocats du Brésil (OAB) dénoncent les abus de force et l’action illégale de la police. Depuis, plusieurs manifestations ont eu lieu demandant justice pour les victimes, et la fin de la guerre contre les drogues dans les favelas qui, selon les habitants, « font partie de leur routine ». Ils remarquent également que les victimes « ont toujours la même adresse

(CPF) et la même couleur ».


Ce massacre a beaucoup été comparé à la plus grande opération d’appréhension d’armes de Rio qui n’a laissé aucune victime.


A la suite de cette tragédie et démonstration de violence de la police carioca nous pouvons espérer que des mesures seront prises pour éviter que ce massacre ne se reproduise. Les habitants de Jacarezinho attendent de pouvoir vivre en sécurité chez eux, sans la menace de la police, qui devrait les défendre. Nous espérons que la police sera tenue responsable pour ses crimes et qu’il y aura une réforme du système policier pour mettre fin à ces carnages.


Marina Farcette, 1ere3