• Maria Clara Fontes

Géopolitique: comprendre les présidentielles américaines

Dernière mise à jour : 21 mars 2021

Journal nº2 - 02/11/2020


Le 3 novembre 2020, Donald Trump et Joe Biden sauront qui, d'entre eux, assumera le rôle du 46e président américain. Une journée décisive pour les États-Unis qui a des incidences dans les relations géopolitiques. Cependant, un événement qui nous affecte tant et qui est pourtant si peu compris.


Être chef d'État américain, c'est être le bureau politique international le plus puissant et le plus important de la planète. Les influences sur les différents pôles économiques, politiques et sociaux (santé, éducation, etc.) de la société mondiale sont multiples. Le Brésil peut être impacté (notamment politiquement et économiquement) par le résultat des élections. Comprendre le processus complexe et unique de l'élection présidentielle américaine est d'abord et avant tout un devoir pour un citoyen ouvert d'esprit.


Conditions pour être candidat: Conditions pour voter:

-avoir plus de 35 ans -être citoyen d'un État américain -être né aux États Unis -avoir plus de 18 ans

-avoir vécu là-bas pendant 14 ans



Étapes des élections:

Les primaires Avant les élections générales, la plupart des candidats à la présidentielle passent par une série de primaires et de caucus (réunion à huis clos d'un parti politique). Enfin, les principaux partis politiques auront choisi leur candidat pour se présenter aux élections générales. Deux partis politiques Contrairement à de nombreux autres pays comme le Brésil, le système politique américain est dominé par deux partis, de sorte que le président appartient toujours à l'un ou à l'autre. D'une part, les républicains sont le parti politique conservateur des États-Unis, également connu sous le nom de GOP, ou Grand Old Party. Ces dernières années, il s'est prononcé en faveur de la baisse des impôts, du droit de porter les armes et des restrictions plus strictes à l'immigration. Ce parti a tendance à accumuler plus de soutien dans les zones rurales des États-Unis. Les anciens présidents républicains que l'on a pu connaître, George W. Bush, Ronald Reagan et Richard Nixon.

D'un autre côté, les démocrates sont le parti politique libéral des États-Unis. Ce dernier est mieux défini par ses positions libérales sur des questions telles que les droits civils, l'immigration et le changement climatique. Il estime que le gouvernement devrait jouer un rôle plus important dans la vie des gens, par exemple en leur fournissant une assurance maladie. Le soutien au parti a tendance à être le plus fort dans les zones urbaines des États-Unis. Les anciens présidents démocrates tels que John F. Kennedy, Bill Clinton et Barack Obama.


Collège électoral

Tout d’abord, le vainqueur n'est pas toujours le candidat qui remporte le plus de voix des électeurs au niveau national. Autrement dit, ce n’est pas le peuple qui élit directement le président. Cela est dû à cause de leur système, une procédure appelé collège électoral. Il arrive que dans chaque État nous ayons differents nombres de grands électeurs. Leur quantité est relative selon le nombre d’habitants dans chaque état pouvant aller de 1 à 5 grands électeurs. Le collège électoral est par définition l’ensemble des 538 grands électeurs. C’est-à-dire que même si un candidat a de nombreux votes populaires, le plus important sera le nombre de votes du collège électoral car c’est lui qui choisit le nouveau président. Il se peut que le peuple vote pour un candidat, mais que le collège électoral en choisisse un autre. Un tel phénomène s’est déjà reproduit cinq fois, dont la plus récente fut les élections de 2016 lorsque Hillary Clinton reçu 2,8 millions de votes de plus que son adversaire, le président Donald Trump. Bien souvent, le collège électoral tend à suivre l’opinion publique en élisant le même candidat que le peuple. Cependant, il existe des exceptions. Enfin, tous les États (sauf Maine et Nebraska) suivent la règle du "winner takes all", c'est-à-dire que le candidat qui remporte le plus grand nombre de voix des grands électeurs se voit attribuer toutes les voix du collège électoral de l'État.


Les États clés

Pour comprendre le concept des États clés, il faut penser à une balance. D’un côté il y a les « safe states », des états où on est sûr de son choix (exemple : les démocrates comptent toujours avec Oregon, Maryland et Massachusetts pendant que les républicains comptent toujours avec Alabama, Mississippi, Kansas et Idaho).


Mais d'un autre côté, certains États basculent fortement vers l'un ou l'autre parti, ce qui signifie que les candidats concentrent leurs efforts sur une douzaine d'États où les positions des électeurs sont plus indécises et varient d'une élection à l'autre en faveur du parti républicain ou du parti démocrate. C'est ce qu'on appelle les Etats clés. Dans ces États, souvent appelés aussi "swing states", les électeurs sont répartis de manière relativement égale entre les démocrates et les républicains.


Cette année, les états clés furent l’Arizona, Florida, Georgia, Iowa, Maine, Michigan, Minnesota, Nebraska, Nevada, New Hampshire, North Carolina, Ohio, Pennsylvania et Wisconsin.


La Floride et l'Ohio sont traditionnellement des "swing states". D'autres États qui ont été fortement républicains dans le passé, comme l'Arizona et le Texas, sont considérés comme des Etats clés en 2020 en raison du soutien croissant dont bénéficie le parti démocrate dans ces Etats. Les états clés sont très importants car ce sont ceux qui possèdent le plus grand nombre de grands électeurs.


Joe Biden: Candidat pour les démocrates, c’est un politicien expérimenté connu pour avoir été le vice-président de Barack Obama pendant huit ans. Avec sa colistière, Kamala Harris, ils possèdent une grande force dans les swings states. Il souhaite augmenter le salaire minimum, investir dans l’énergie durable (green energy) ainsi que dans l’industrie nationale, élargir les droits de santé et renforcer les relations internationales.






Donald Trump: Actuel président, le candidat du parti républicain veut se faire réélire chef d’état. Lui et son colistier, Mike Pence, fondent leurs discours avec “Make America great again” et défendent l’idée du “America first” et de “American dream”. Malgré son approbation faible, une économie forte pourrait augmenter ses chances. Il souhaite stimuler des emplois, protéger les intérêts commerciaux des États-Unis et freiner l’immigration.



Pour être élu:

- Il faut que le candidat ait 50% + une voix des grands électeurs, c’est-à-dire 270 votes

- Le mandat du président dure 4 ans et peut être réélu qu’une seule fois.

L'abstention:

Le vote étant optionnel, ce qui représente un obstacle pour les candidats qui doivent à leur tour convaincre leur population de sortir de chez eux pour aller voter. C’est une des raisons pour laquelle l’abstention aux États Unis est si présente (environ ⅓ de la population se déplace pour voter). Selon le Bureau de recensement américain, la majorité des personnes qui ne se sont pas inscrites pour voter ont déclaré qu'elles ne s'intéressaient tout simplement pas à la politique. Ceux qui se sont inscrits mais n'ont pas voté ont déclaré qu'ils n'aimaient pas les candidats.


Pourquoi ce système?

Ce modèle d’élection a été institué au moment de la création de la constitution des États-Unis en 1797. À cette époque, chaque État voulait maintenir/garder ses droits, surtout les plus petits, qui craignait d'être dominé par les plus grands. Les dirigeants des États ne faisaient pas confiance au peuple pour élire le président. Alors, ils ont décidé que les grands électeurs, étant les représentants, feraient les élections. En plus, dû au manque de communications et de transports (car je vous rappelle nous nous situons dans une époque où le train et les moyens de communications autre que les journaux en papier n’existaient pas) ce pays aux dimensions continentales est incapable d’organiser une élection avec toute la population.


Maria Clara Fontes 2nd2