"Ligne 3"

Journal n 10 - 02/11/2021 La troisième canalisation ou la Ligne 3 est un oléoduc de l’entreprise canadienne Enbridge passant par les territoires du peuple Ojibwé, sans respecter les traités avec eux et d’autres nations indigènes. Fonctionnant depuis 1968, l’oléoduc parcourt 1 659 km de Hardisty, en Alberta, au Canada, à Superior, dans le Wisconsin, aux États-Unis. Les préoccupations concernant la sécurité du pipeline ont amené Enbridge à réduire sa capacité. Au cours de son histoire, l'oléoduc a notamment été à l'origine du déversement de pétrole en 1991 à Grand Rapids, dans le Minnesota, qui a été le pire déversement de pétrole à l'intérieur des terres de l'histoire des États-Unis. En 2014, Enbridge a proposé la construction d'un nouveau segment de pipeline le long d'un tracé différent au Minnesota, ce qui augmenterait le volume de pétrole pouvant être transporté. Le pipeline de remplacement a été achevé au Canada, au Wisconsin et au Dakota du Nord. L'autorisation et la construction du nouveau pipeline se heurtent à la résistance des communautés amérindiennes et des groupes de justice climatique. Les activistes indigènes dressent deux problèmes majeurs qui viennent de la construction de la Ligne 3 : la pollution des eaux et la crise des femmes indigènes disparus et assassinés (MMIW ou missing and murdered indigenous women). Les réserves indigènes ont un accès précaire à l’eau propre et potable, mais sont désservies par plusieurs fleuves qui passent par le territoire du traité de 1855. L’oléoduc d' Enbridge passe sur ce territoire en ne respectant pas les terres visées par le traité, polluant les fleuves et les terres alentour. Les pipelines peuvent se briser, fuir, renverser et exploser, inondant les terres de produits chimiques volatils, détruisant les écosystèmes, polluant l'eau et causant des dommages énormes à la santé de la population. Les communautés indigènes des Etats-Unis et du Canada font face à une crise et voient leurs femmes et filles disparaître et être tuées en masse. La construction de l’oléoduc a amené une hausse du nombre d’ouvriers présents sur le site. L’état du Minnesota et les réserves indigènes voient le taux de viol et de harcèlement sexuel augmenter considérablement. Des études montrent qu’il y a bien un lien entre la construction d’oléoduc et le taux de viol de femmes indigènes. La mobilisation des peuples amérindiens a été très peu médiatisée, faisant que la diffusion du mouvement dépende de réseaux sociaux tels que Tiktok et Twitter. Plusieurs vidéos de manifestations et de campement sur le site des constructions ont été partagé sous les hashtags #stopline3 et #waterprotectors. Aujourd'hui l’oléoduc a déjà été construit et est en utilisation. Cependant les manifestations ne cessent pas. Le mouvement pour la protection des eaux et pour le respect des populations indigènes continue à protester et revendiquer leurs droits. Marina Farcette, 1ere3

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