L’impact du confinement sur les enfants des pays défavorisés

Journal nº5 - 02/04/2021 Devant la propagation rapide de la pandémie, au moins 188 pays ont fermé leurs établissements scolaires au début du confinement. Laissant ainsi plus de 91% des élèves du monde déscolarisés. Selon la Human Rights Watch, de nombreux établissements publics ne sont pas organisés pour utiliser les plateformes d’apprentissage en ligne et n’ont pas la technologie et l’équipement nécessaires pour dispenser leur enseignement via Internet. Il ne faut pas non plus oublier que près de la moitié de l’humanité n’a pas accès à Internet. La crise du coronavirus touche donc principalement les pays défavorisés, laissant une grande partie des élèves du monde sans éducation. Facteur aggravant, en plus de l’impact d’une déscolarisation massive de toute une génération d'enfants et d’étudiants, la sécurité de ces derniers est aussi en jeu depuis les débuts du confinement en 2020. Selon l’UNESCO, les contraintes supplémentaires que cause la COVID-19, (augmentation du chômage, de l’isolement et des préoccupations sanitaires et financières) augmentent le risque de violence domestique, infligée par les parents ou responsables des enfants. Si les appels aux numéros d’urgence avaient même doublé dans certains pays, beaucoup d’abus infligés aux enfants ne sont pas détectés puisque les institutions de protection de l’enfance ont réduit leur surveillance afin d’éviter la propagation du virus, et que les enseignants ne peuvent plus détecter des signes de mauvais traitements, les établissement étant fermés. Si une grande partie des enfants souffre de violences domestiques, les enfants orphelins (ceux qui ont perdu leurs parents à cause du virus) sont particulièrement vulnérables au trafic d’êtres humains et aux autres formes d’exploitation, y compris sexuelle, ainsi qu’à la mendicité ou au travail forcé. Le constat est évident : ce sont les pays défavorisés qui ont été les plus affectés par la pandémie de la COVID-19. Mais dans cette minorité sociale, il y en a encore une : celle des filles venant de pays défavorisés. L’UNESCO estime que sur 1,54 milliards d'enfants et de jeunes inscrits à l’école ou à l’université, 743 millions sont des filles. Parmi ces filles, plus de 111 millions vivent dans les pays les moins développés du monde, où il est déjà extrêmement difficile d’obtenir une éducation. Ainsi selon l’UNESCO, “les fermetures d’écoles seront particulièrement catastrophiques pour les filles, déjà désavantagées. Les filles réfugiées sont deux fois moins susceptibles de suivre des études secondaires que leurs homologues masculins.” Si dans les pays les plus pauvres, les familles ont déjà des difficultés financières pour scolariser leurs filles, leur sécurité est encore plus en jeu qu’avant. Plusieurs filles ne retourneront jamais à l’école même après la réouverture de celles-ci : “Les réponses éducatives doivent privilégier les besoins des adolescentes, sous peine de perdre 20 ans de progrès réalisés en faveur de l’éducation des filles.”. L’UNESCO a aussi fait des comparaisons avec ce qui avait été constaté durant la crise Ebola de 2014 : L’école permet de protéger les filles des grossesses et des mariages précoces. Après l’épidémie d'Ebola en Afrique, les niveaux de pauvreté ont augmenté de manière significative à mesure que l’éducation était interrompue. Dans de nombreux cas, les abandons scolaires étaient dus à une augmentation des responsabilités domestiques et familiales ainsi qu’à une augmentation du travail des membres de la famille, pour gérer leur revenu. Voici les résultats de la pandémie d’Ebola* que nous essayons de minimiser pour cette nouvelle pandémie. Il y a eu une augmentation des mariages des filles, afin d’assurer leur sécurité, face à leur vulnérabilité contre les abus physiques et sexuels à la maison. C’est donc le défi d’un retour en arrière sur l’intégration des enfants du monde mais aussi des filles qui se pose, en plus du drame de la déscolarisation d’une grande partie d’enfants des pays en développement, et leur abus. Il est important de s’informer le plus possible et développer des moyens pour venir en aide aux enfants. *“Plusieurs études ont révélé que les fermetures d’écoles aggravent la vulnérabilité des filles face aux abus physiques et sexuels commis par des camarades et par des hommes plus âgés, car les filles sont souvent seules à la maison et sans supervision. De nombreux cas de rapports sexuels monnayés ont également été signalés, tandis que les filles et leurs familles peinaient à pourvoir à leurs besoins fondamentaux. À mesure que les soutiens de famille périssent du virus Ebola, réduisant à néant les moyens de subsistance, nombreuses sont les familles qui ont décidé de marier leurs filles, espérant, à tort, que cela leur procurerait une certaine sécurité.” Noemi de Carvalho, TA - liens afin de s’informer : éducation des enfants: https://www.unicef.org/education (unicef) éducation des filles : https://www.unicef.org/education/girls-education (unicef) aider les enfants : https://www.children.org/make-a-difference (children international)

L’impact du confinement sur les enfants des pays défavorisés