L'anxiété, une peur autoritaire

Journal nº2 - 02/11/2020 L'anxiété est une émotion désagréable et qui correspond à une attente plus ou moins consciente de danger ou de problèmes. L'anxiété est un phénomène universel qui existe chez tous les individus. Cependant quand celle- ci est excessive on parle donc de '' trouble de l'anxiété''. Les troubles anxieux sont considérés comme une des maladies les plus communes au monde. Son fonctionnement se doit à une relation entre la peur et la réaction : lorsque nous sommes exposés à une peur, une phobie qui s'accompagne d'angoisse et d'anxiété, notre corps s'adapte parfaitement pour échapper à la menace. Comment pouvons-nous classifier les peurs ?
Nous pouvons distinguer quatre types de peurs générales : • Les peurs ''catastrophiques'' comme par exemple : l'anxiété de séparation, et quelques phobies. • La peur du jugement : cause de l'anxiété sociale par exemple, ou du mutisme sélectif. • Peur de perdre le contrôle qui conduit, par exemple, au trouble panique ou à l'agoraphobie • Peur de l'incertitude qui conduit à l'anxiété généralisée ou au TOC. Quelles sont les causes de l'anxiété ? 1- l'anxiété peut être héritée des parents: cependant les femmes sont deux fois plus susceptibles d'avoir un trouble anxieux. 2- chimie et fonctionnement du cerveau : Tout se déroule dans le système limbique, nommée aussi ''cerveau émotionnel''. Dans ce système on trouve l'hippocampe, l'amygdale, la circonvolution (ou gyrus) cingulaire, le fornix, l'hypothalamus. Puis, c'est le cortex préfrontal qui intègre l'information émotionnelle et définit nos comportements et décisions par rapport à celles-ci. L'anxiété provoque généralement plus d'activité que la normale dans le système limbique et notamment dans les amygdales. • Trouble panique : Une amygdale hyperactive peut être causée par moins de GABA, L'acide γ-aminobutyrique, souvent abrégé en GABA (de l'anglais gamma-aminobutyric acid), est le principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central • Désordre anxieux généralisé : amygdales plus grosses, le cerveau a plus de mal à traiter les informations de peur. • Anxiété sociale: Être exposé à de nombreuses personnes entraîne une activité supplémentaire dans l'amygdale. La peur constante de la socialisation amène à une excitation excessive. 3- expériences traumatiques : Avec certaines expériences, le cerveau a appris à être attentif à certaines situations traumatiques. Prenons l'exemple de l'expérience du ''Little Albert '' en 1920, dans laquelle un enfant est exposé et joue avec un rat blanc. Les chercheurs ont décidé que chaque fois que le rat s'approchait, ils feraient un bruit effrayant. Après la répétition de ces actes, l'enfant a commencé à avoir une phobie de la souris et d'autres petits animaux. Ce traumatisme explique comment l'anxiété peut transformer des choses inoffensives en des choses irrationnelles et terrifiantes. Crise d'angoisse: Le trouble panique (crise d'anxiété aiguë) apparaît soudainement. Les patients ressentiront un danger imminent, violent, imprécis (peur de mourir, devenir fou, ne plus contrôler leurs pensées ou leurs actions, catastrophe imminente, etc.), se sentir impuissants. Détresse, peur intense, rien ne compte. Mon témoignage : Pour moi, une crise d'angoisse c'est comme tomber dans un abîme, c'est tomber dans le vide et ne pas pouvoir sortir. C'est l'intensification de mes peurs qui règne sur tout mon système, et on sent qu'il n'y a aucun moyen d'y échapper. La peur est si présente que la respiration change, on pleure, on ne sait pas où aller. C'est vivre des minutes infinies remplies de peur. Je dirais que je me sens une autre personne dans ces moments, soumise à la hiérarchie de mes propres peurs. Je suis soumise à moi-même, à mes propres peurs. '' Le pire ennemi, c'est soi-même, - Mais je ne le tue, car je l'aime."- Charles Leusse. L'ANXIÉTÉ SELON FREUD L'ANXIÉTÉ SELON FREUD Selon Sigmund Freud, l’anxiété résulte d’un conflit mental. Ce serait comme une “transformation toxique” de nos énergies, d’une qui a besoin de certaines choses qui ne peuvent ni être atteintes ni satisfaites. Il définit 3 types d'anxiétés: L'anxiété réaliste, morale et névrotique. ANXIÉTÉ RÉALISTE: Des peurs peuvent apparaître en nous à un moment donné dans un but bien précis : nous encourager à fuir ce qui fait mal, ce qui porte atteinte à notre intégrité, à notre survie. ANXIÉTÉ NÉVROTIQUE : anxiété névrotique ou secondaire provient de l’anticipation d’événements ou de circonstances. Nous réagissons à des faits, des pensées et des idées qui n’ont de réalité que dans notre esprit, mais pas en dehors de celui-ci, ni dans notre environnement. ANXIÉTÉ MORALE : Cette angoisse, cette inquiétude provient selon la psychanalyse de l’influence du Surmoi. C’est un monde social interne que nous avons tous et où nos “devoirs” sont orchestrés, nos “mandats inconscients” ainsi que la peur ou la honte de l’échec ou même de la punition quelle que soit ses formes (perte de prestige, manque d’amour, renvoi, solitude…). L'ANXIÉTÉ SELON LACAN L'ANXIÉTÉ SELON LACAN Pour Lacan la perte angoissante c’est plutôt tout ce que je perds de moi du fait des réquisits de l’Autre. La condition de l’angoisse pour lui est le manque du manque. Le manque étant la condition du désir, tout ce qui peut venir exagérément le boucher génère de l’angoisse. L'angoisse c'est la visée de l'autre. Cela explique peut-être pourquoi, le 21ème siècle est vu comme l'épidémie de l'anxiété. Cela se doit aux réseaux sociaux. Où tout est parfait, tout est merveilleux. On voit la vie des autres, et on se dit nous-mêmes ''je n'ai pas ceci, je n'ai pas cela...''C'est un jugement personnel très fort, du a la visée des autres et au manque et absence de ce que les autres et qu'on n'a pas. C'est une comparaison. Pour traiter, l'anxiété, les médecins prescrivent des médicaments si le cas est grave, comme : - les benzodiazépines, qui vous rendent plus sensibles à l'effet sédatif du cerveau - Les antidépressifs qui équilibrent les niveaux de sérotonine. - Et aussi, la thérapie est très effective, surtout la thérapie cognitivo-comportementale, la TCC est basée sur la correction des pensées (ou cognitions) négatives et l’apprentissage de comportements nouveaux et adaptés. Belén Bitar, 2nde 1

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