La culture princesse Disney et les stéréotypes de genre

Journal nº8 - 2/07/2021 Qu’est-ce que signifie le terme « stéréotypes de genres » et comment sont-ils influencés par les princesses Disney ? Les stéréotypes de genre sont la croyance que certains traits de personnalité ou certaines aptitudes appartiennent d’une part au sexe masculin et d’autre part au sexe féminin. Ces stéréotypes sont liés inéluctablement aux personnes même avant leur naissance, dès que leurs gonades se différencient. La culture princesse Disney est une grande influence pour les enfants âgés de 3 à 5 ans en les exposant aux stéréotypes de genre qui y sont très présents. Mais quels sont ces stéréotypes? Premièrement, les princesses Disney, mettent à la lumière du jour le stéréotype de la perfection. En effet, elles exposent un idéal de minceur qui n’est pas forcément sain mais que les filles tentent ensuite de reproduire. Elles ont une beauté irréelle cependant c’est leur seul atout. En plus d’être parfaites, les princesses sont des femmes fragiles qui ne sont pas capables de grand-chose sans leur prince et surtout pas de connaitre le bonheur. Cette image se retranscrit dans la société. Les femmes, en général, sont à la recherche d’un prince charmant, de l’homme qui viendra apporter le bonheur à leur vie, qui est si fade sans lui. C’est le syndrome de la princesse « Un jour mon prince viendra » qui est présent chez les adultes. Princesse, un concentré de clichés La princesse traditionnelle est : gentille, jolie et surtout passive. "C’est un personnage qui, du point de vue qu’on peut se faire d’une société égalitaire, est quelque peu problématique parce que c’est l’emblème de rôles de genres complémentaires", expose Olivier Klein, professeur en psychologie sociale (ULB). Que veut-il dire par là ? En bref, le rôle de la princesse est l’opposé de celui du prince charmant. Le prince est le personnage actif alors que la princesse est le personnage passif. On l’admire, on la désire, elle ne brise aucun tabou et n’enfreint pas les règles, alors que le prince, quant à lui, peut faire recours à la violence et l’agressivité afin de parvenir à ses fins, c’est-à-dire sauver la princesse qui, bien évidemment, n’est pas capable de le faire toute seule. Olivier Klein conclut que la société qui se définit étant égalitaire ne l’est pas du tout. Les enfants sont imposés à des rôles stigmatisés et caricaturés ce qui influence la connotation des comportements. Par exemple : les filles seront plus sanctionnées que les garçons lorsqu’elles expriment leur colère. Les garçons, indépendants, ont le droit de faire preuve de sentiments colériques et surtout le démontrer alors que la fille, se devant d’être passive, passera plus souvent pour une désobéissante. Heureusement, les choses évoluent. De nos jours, il y a de plus en plus de princesses qui n’attendent pas leur prince dont Mulan, Merida, Elsa, Anna ou encore Vaiana. Par exemple, Merida pratique des activités considérées comme masculines, le tir à l’arc, ne ressent pas le besoin d’être bien habillée et refuse le mariage. Elle veut être libre. Elle est représentée comme une fille rebelle, désobéissante, mais courageuse et indépendante. Ce ne sont donc plus des “femmes objets” mais plutôt des femmes entrepreneuses et indépendantes dont le destin est entre leurs mains. Malgré cette évolution, certains stéréotypes sont encore présents. Pour résumer, il y a une prise de conscience et une évolution, mais nous n’en sommes pas au stade de la révolution. Le prince charmant tourné en ridicule Si les princesses évoluent et prennent le devant de la scène, les princes sont bien obligés de laisser la place et donc d’être ridiculisés. Il existe un lien inéluctable entre la princesse et le prince charmant, c’est donc pas possible de remettre en cause la figure féminine sans remettre en cause la masculine. Nous faisons face dans la Reine des Neiges à deux princesses plus indépendantes et directives alors que les hommes, comme Hans qui est un personnage controversé, manipulateur, menteur et Christophe qui se laisse complètement mener par le bout du nez sont complètement ridiculisés. On peut déduire que pour donner un plus beau rôle aux filles il faut en donner un moins beau aux garçons, et que l’égalité entre les deux n’est pas envisageable. De plus avec l’évolution du caractère féminin, les petites filles ont pu se retrouver avec un éventail plus large de rôles sociaux auxquels elles peuvent s’identifier, alors que les garçons beaucoup moins ; la transgression de genre est beaucoup plus tolérée et acceptée chez les femmes. Pour illustrer cette pensée : il est beaucoup moins acceptable socialement de voir un garçon déguisé en princesse qu’une fille en super-héros. Les réactions font comprendre qu’un garçon ne peut pas se déguiser en princesse, car c’est un déguisement de «fille», comme quoi tout ce qui est considéré « fille » est péjoratif, inférieur, honteux. Faut-il complètement retirer les princesses des enfants pour les libérer de ces dernières ? En effet, les enfants ont besoin d’autres modèles que les princesses, des modèles ayant plus de diversité de rôles de genre, d’orientation sexuelle et de rapports au monde. Le monde est rempli de variété et il n’est en aucun cas parfait. C’est ce qu’il faut montrer aux petites filles et aux petits garçons pour qu’ils aient une plus grande flexibilité et tolérance. Cependant, cette révolution est difficilement réalisable par les parents seulement à cause de l’importance que Disney a dans la société et de son pouvoir, il est numéro un. Adèle Daliguet et Jasmine Arnould, 2nde2

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