La musique française dans le monde

Journal nº5 - 02/04/2021 Pour ce mois de la francophonie quoi de mieux que de parler musique française ! C’est elle qui accompagne notre quotidien ainsi que toutes nos humeurs, en plus d’être présente partout dans le monde. Nous vous proposons donc de faire un petit voyage dans l’histoire de la musique française et comment elle s’est progressivement exportée partout dans le monde. Le début de l’âge d’or de la chanson française commence avec « Parlez-moi d’amour », titre interprété par Lucienne Boyer qui devient un tube planétaire en 1930. Suite à ce carton, de nombreux artistes tentent d’exporter leur art à l’étranger. Dans la liste, on retrouve notamment Édith Piaf (Son titre « La vie en rose » n’a jamais cessé d’être repris, on le retrouve même sur TikTok) et Charles Aznavour. Ce dernier est connu à peu près partout dans le monde car, étant polyglotte, il adaptait ses spectacles à son auditoire au cours de ses tournées. On l’a même surnommé « Frank Sinatra français » (je vous laisse à côté le lien d’une de ses représentations de « for me, formidable » qui est, tout simplement, éblouissante ! https://www.youtube.com/watch?v=uL7A94t3lsQ ). Tout va changer avec la génération suivante, à partir des années 1970-1980, qui ne cherche pas à séduire le public étranger. « Quand on passe l'amour à la machine, avec des jeux de mots à double sens, comment voulez-vous qu'un étranger puisse comprendre ? », explique le journaliste Bertrand Dicale. En conséquence, d’immenses stars françaises demeurent complètement inconnues dès qu’elles passent la frontière. C'est ainsi que Jean-Jacques Goldman peut désormais redécouvrir la tranquillité de l'anonymat à Londres. Cela fait que, jusqu’à la fin des années 90, l’audience de la chanson française est surtout nationale. Le tournant arrive avec la naissance de la French Touch où des artistes français(es) ont saisis l’opportunité de la musique électronique car la langue n’y intervient pas, ou très peu. À l’origine, les Daft Punk, qui en inspireront d’autres comme : Martin Solveig, Air, Justice et David Guetta. Cette vague électronique déferle sur toute la planète. Ainsi, à partir des années 2000, de nombreux artistes vont faire le choix de l’anglais, qui est plus adapté à l’exportation. L’exemple de Jain, qui a adopté l’anglais à part entière, est très parlant comme nous le montre le tableau ci-contre. Mais, la langue française n’est toutefois pas oubliée et se révèle même être un atout dans certains cas. Zaz l’illustre parfaitement. Elle est une des chanteuses françaises qui connaît aujourd'hui beaucoup de succès hors des frontières : ses ventes en streaming hors de France représentent 83% de ses recettes. D’ailleurs, la musique urbaine française, c’est-à-dire le rap, commence à faire de plus en plus de succès à l’étranger. Gims, Niska, PNL, Nekfeu : tous ces rappeurs et/ou chanteurs sont très écoutés, hissant parfois leurs titres vers les sommets des charts. Le clip « au DD » de PNL a fait plus de 100 millions de vues. Selon Laurent Bouneau, directeur des programmes de Skyrock : « Dans la musique urbaine, il y a beaucoup de ce que j'appelle des 'refrains-mots' que n'importe qui peut facilement fredonner même s'il ne comprend pas le sens des paroles. C'est exactement de cette manière que de nombreux titres anglo-saxons se sont exportés partout dans le monde ». Finalement, on remarque aussi l’ascension d’une nouvelle génération féminine qui trouve sa place dans le marché musical. « La nouvelle génération de chanteuses s'émancipe des stéréotypes ou des étiquettes qui collaient aux femmes dans la chanson, avec un discours plus féministe, plus assumé », nous explique la chanteuse Jain. Ainsi, on retrouve Christine and the Queens au plus grand festival des États-Unis, Coachella, en 2019. Quant à Aya Nakamura, on la retrouve dans les pages de Forbes et du New York Times, aux côtés d’Angèle. Disques d'or, tournées à l'international, nominations aux Grammy Awards : la musique française vit un âge d'or planétaire. Julia Marques, TA

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