Le rejet de l’eau contaminée de Fukushima

Journal nº6 - 02/05/2021 Dix ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, le Japon prend une décision surprenante : l’eau contaminée de l’usine nucléaire de Fukushima va être rejetée dans l’océan. Cette décision entraîne des réactions et des controverses. Comment cette décision montre que les questions environnementales sont aujourd’hui au centre des affaires géopolitiques ? Quelles sont les conséquences de cette décision ? Au cours de cet article, nous essayerons de mieux comprendre le contexte et les motivations de telle polémique. Premièrement, il faut se souvenir de l’accident nucléaire de Fukushima. Le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9 a lieu dans l’Océan Pacifique proche de la côte du Japon. Cela a entraîné à un tsunami avec une vague de 14 mètres de haut qui a envahi la région de Fukushima. Environ 170 000 personnes ont été évacuées de la région et 18000 personnes sont mortes de cette catastrophe. Le tsunami arrive à la ville d’Okuma et à la centrale nucléaire de Daiichi. L’inondation des réacteurs de l’usine entraîne une forte radiation de la région dont plusieurs équipements et zones sont encore nocifs pour l’Homme. Un des épisodes les plus tristes de l’histoire du Japon et du XXIe siècle. Une décennie après, le 13 avril 2021, le Japon décide qu’il va rejeter dans l’océan l’eau contaminée de Fukushima. 1,3 tonne d’eau radioactive sont traitées dans un système de filtration dans la région stockée dans des réservoirs d’eau. Selon l’entreprise des réservoirs, la Tokyo Electric Power Co, les réservoirs seront remplis en 2022, ce qui entraînera l’évacuation de l’eau radioactive sur terre. L’eau présente encore des éléments radioactifs aujourd’hui mais le gouvernement japonais que la concentration des éléments radioactifs ne peut pas causer de grands problèmes à l'environnement. En effet, toute la controverse est en rapport à la concentration de l’isotope de l’hydrogène tritium qui a deux neutrons en plus qu’un atome d'hydrogène commun. Le tritium se décompose en hélium 3 ce qui le rend radioactif. Sa période de demi-vie est de 12,32 ans, alors que sa concentration arrive à sa moitié de manière naturelle. Si sa concentration est très élevée il est nocif pour l’Homme et à l’environnement. Le premier ministre japonais, Yoshihide Suga ( CF Lièrmo nº3), affirme que le gouvernement japonais prendrait "des mesures" pour empêcher que cela ne nuise à la réputation de la région. L’agence internationale d’énergie atomique appuie la décision du gouvernement japonais. Cette décision entraîne des réactions. L’industrie de pêche japonaise fut une des plus affaiblie par la catastrophe de Fukushima, car des pays à l’étranger ont interdit l’achat leurs poissons japonais à l’époque. De plus, en 2019, le nombre de poissons pêchés est de 80% moins élevé qu'avant 2011. C'est une des organisations les moins favorables à la décision du gouvernement japonais ayant peur que les consommateurs n'achètent plus leurs poissons par peur qu’ils soient radioactifs. À l'occasion, Hiroshi Kishi, représentant des pêcheurs japonais déclare “Nous mourrons à cause d'un rejet d’eau contaminée dans l’océan, car cela pourrait avoir un impact catastrophique sur l’avenir de l’industrie de la pêche au Japon”. Les voisins japonais s'opposent aussi à cette décision. Le ministre des Affaires étrangères de la Corée du Sud qualifie cette décision de "regret sérieux". Le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères chinois conseille le japon "d’agir de manière responsable" et poursuit en disant "Pour préserver les intérêts publics internationaux et la santé et la sécurité du peuple chinois, la Chine a exprimé sa grave préoccupation à la partie japonaise par la voie diplomatique". Les EUA semblent appuyer la décision japonaise à partir du moment que le Japon "adopte une approche conforme aux normes de sûreté nucléaire mondialement acceptées". Les groupes environnementaux, Greenpeace par exemple, sont globalement contre la décision japonaise. La décision japonaise fait polémique. Cette décision entraîne des conséquences économiques, géopolitiques et environnementales. La méconnaissance de l'impact sur la santé humaine et sur l'environnement aquatique crée une inquiétude internationale. Ce cas est un exemple d’enjeux politiques modernes et montre l’importance écologique des décisions des puissances modernes. Le futur est incertain et les impacts de cette décision aussi. L’environnement devient de plus en plus un enjeu politique qui changera la vie humaine pour longtemps. Bernardo Rollemberg, 1ère1

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