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"Ligne 3"

"Ligne 3"

Journal n 10 - 02/11/2021 La troisième canalisation ou la Ligne 3 est un oléoduc de l’entreprise canadienne Enbridge passant par les territoires du peuple Ojibwé, sans respecter les traités avec eux et d’autres nations indigènes. Fonctionnant depuis 1968, l’oléoduc parcourt 1 659 km de Hardisty, en Alberta, au Canada, à Superior, dans le Wisconsin, aux États-Unis. Les préoccupations concernant la sécurité du pipeline ont amené Enbridge à réduire sa capacité. Au cours de son histoire, l'oléoduc a notamment été à l'origine du déversement de pétrole en 1991 à Grand Rapids, dans le Minnesota, qui a été le pire déversement de pétrole à l'intérieur des terres de l'histoire des États-Unis. En 2014, Enbridge a proposé la construction d'un nouveau segment de pipeline le long d'un tracé différent au Minnesota, ce qui augmenterait le volume de pétrole pouvant être transporté. Le pipeline de remplacement a été achevé au Canada, au Wisconsin et au Dakota du Nord. L'autorisation et la construction du nouveau pipeline se heurtent à la résistance des communautés amérindiennes et des groupes de justice climatique. Les activistes indigènes dressent deux problèmes majeurs qui viennent de la construction de la Ligne 3 : la pollution des eaux et la crise des femmes indigènes disparus et assassinés (MMIW ou missing and murdered indigenous women). Les réserves indigènes ont un accès précaire à l’eau propre et potable, mais sont désservies par plusieurs fleuves qui passent par le territoire du traité de 1855. L’oléoduc d' Enbridge passe sur ce territoire en ne respectant pas les terres visées par le traité, polluant les fleuves et les terres alentour. Les pipelines peuvent se briser, fuir, renverser et exploser, inondant les terres de produits chimiques volatils, détruisant les écosystèmes, polluant l'eau et causant des dommages énormes à la santé de la population. Les communautés indigènes des Etats-Unis et du Canada font face à une crise et voient leurs femmes et filles disparaître et être tuées en masse. La construction de l’oléoduc a amené une hausse du nombre d’ouvriers présents sur le site. L’état du Minnesota et les réserves indigènes voient le taux de viol et de harcèlement sexuel augmenter considérablement. Des études montrent qu’il y a bien un lien entre la construction d’oléoduc et le taux de viol de femmes indigènes. La mobilisation des peuples amérindiens a été très peu médiatisée, faisant que la diffusion du mouvement dépende de réseaux sociaux tels que Tiktok et Twitter. Plusieurs vidéos de manifestations et de campement sur le site des constructions ont été partagé sous les hashtags #stopline3 et #waterprotectors. Aujourd'hui l’oléoduc a déjà été construit et est en utilisation. Cependant les manifestations ne cessent pas. Le mouvement pour la protection des eaux et pour le respect des populations indigènes continue à protester et revendiquer leurs droits. Marina Farcette, 1ere3

Le choix des spécialités et le ressenti des Premières 2021

Le choix des spécialités et le ressenti des Premières 2021

Jopurnal n 10 - 02/11/2021 “Certainement je choisirai la filière S” - Maria en classe de 4ème. Trois ans après, Maria, passionnée par les enjeux géopolitiques, n’a jamais choisie entre S, ES ou L. La réforme du nouveau bac a commencé l’année dernière, assistée en avant-première par les Premières 2020, qui ont débuté les enseignements de spécialités. Cette grande nouveauté est sujet de longues réflexions et d’inquiétudes par les seconds vers le mois d’octobre, devant réaliser un choix important pour leurs rentrées. Je me suis inspirée par l’article de Julia Champs “Le dilemme des spécialités”, qui fournit d’excellentes informations et précisions sur le choix des spécialités. Je vous conseille fortement de le lire, c’était un outil de grande importance lorsque mes amis et moi étions en classe de seconde. Un an après, je prends le relais, et à mon tour, je rajoute des informations et des nouvelles opinions. Bien que les professeurs aient déjà fait une présentation générale de leurs spécialités respectives, une telle décision demande aussi le ressenti des élèves, qui peut désormais apporter une nouvelle vision. Ainsi, cet article vient à apporter son principal objectif d’éclaircir les éventuels doutes et présenter les ressentis des Premières 2021. Néanmoins, avant de passer la voix aux premières, trois filles en classe de seconde ont été invitées à partager leurs idées, expériences, angoisses et doutes sur cette prise de choix. Louise: “Personnellement, je juge le choix de spécialités une question ambigüe; il est important de d’orienter les élèves, leur donner l’opportunité d’approfondir ce qui les intéresse, et c’est même le cas de les faire se questionner, se demander qui ils sont et comment ils se projettent. Cependant, ce genre de décision (mettons en évidence ici, décision qui ne peut pas être changée plus tard) nous est demandée trop tôt, la grande majorité n’est pas du tout sûre de quelle profession va suivre du haut de ses 15 ans (environ), et je m’inclus là-dedans. Ainsi, de ma part, j'ai toujours été tournée vers le côté des arts et de la communication, mais malheureusement sans jamais vraiment avoir approfondi là-dessus, je suis un peu perdue. À l’école, tout au long des années, les professeurs m'ont signalé des facilités en mathématiques et je le sentais de même. Malgré cela, ces derniers temps ça a changé, donc je me questionne bien, pour le parcours au lycée, quels seront mes choix. Encore dans le cas des maths, en prenant en compte ce que l’on nous conseille: une spé indispensable et qui n’est pas prévue au tronc commun des matières. Je présumais prendre la spécialité SVT, en tout cas pour la classe de première, car c’est une matière qui me plait bien, mais maintenant je considère plutôt celles de SES et HGGSP dû à mon intérêt aux sujets; sociologie, géopolitique, etc. et en lien avec ce que je pense faire. Un autre point à être relevé, c’est que parfois les spécialités proposées ne correspondent pas aux élèves, par rapport à l’école ou l’université qu’ils comptent suivre. Enfin, tout ce processus d’orientation est très délicat pour nous, très inquiétant et je dirais un peu comme un tir dans le noir, car on n’est pas sûrs de ce qui nous attend et de ce qu’on peut attendre de nous-mêmes." Tais: “Choisir les spécialités en Seconde, a été tout d’abord difficile parce que je n’avais déjà pas les options que je voulais. Il faut savoir que les combinaisons de spécialités ne sont pas infinies et dans mon cas, par exemple, j’avais pas l’option SVT, SES et HGGSP. J’ai dû faire plusieurs recherches non seulement sur les spécialités, mais aussi sur les universités et métiers. Finalement, j’ai opté pour SES, Maths et HGGSP, qui me donne plus d’options futures. Enfin, je sens que dans mon cas, le système n’a pas beaucoup changé, c’est comme si j’avais pris la filière ES.” Jasmine: “Que devrais-je choisir? Quelle matière je préfère? Plutôt scientifique, littéraire? Les deux!? Qu’est-ce qui me plairait? Qu’est-ce qui me donnera encore tant envie d’aller à l’école et d’apprendre? Finalement, qui suis-je? Ces questions viennent me bousculer dans mon esprit, le soir avant de dormir. Amante des sciences, mais aussi des livres, je ne sais pas vraiment vers quelles voies me tourner. Je ne sais pas ce que je veux faire plus tard, il y a tant de possibilités, tant de métiers fascinants. J’aimerais pouvoir choisir au moins 6 spécialités et n’en lâcher aucune. Bilan final, le plus difficile dans le choix, c'est d’apprécier ses avantages et essayer de ne pas les regretter. Suis-je en train de jouer ma vie? Sûrement pas! Mais c’est comme ça, qu’à 15 ans, l’on vit ce dilemme des spécialités. Bien heureuse d’être aidée par Sibylle Job, conseillère d’orientation (@optionshorizons), j’essaye petit à petit de me découvrir et d’y voir un peu plus clair dans mes confusions. Et pour finir ce petit témoignage, je reviens sur les paroles de ma professeure d’histoire-géographie, qui m’inspirent et me guident: il faut faire ce qui nous plaît. Alors je cherche, j’essaye de m’écouter moi, et un peu moins mon cher papa qui me rêve en tant que médecin. Ce n’est pas facile, bilan final, nous avons 15 ans/16ans. Et baignés dans ces sentiments nouveaux, ces mélancolies, ces angoisses que l’on rencontre tous pendant l’adolescence, s’écouter soi-même et y croire, n’est pas toujours évident. Ainsi, j’attends de voir. Je n’ai pas beaucoup de certitudes, seulement celle des maths. Et entre physique, SVT, HGGSP, SES et humanités, bien, je finirais par me décider! Et puis, je me dis que je dois prendre ce qui me plaît. Comment rater ma vie si je ne l’ai même pas commencée! Madame Pradalié n’aurait pas pu dire mieux! Faites ce qui vous plaît. Vous verrez que les élèves qui ont pris les spécialités qui les passionnent sont très heureux et ne regrettent absolument pas leurs choix. De façon globale, un bon conseil pour toutes les secondes (qu’ils soient certains ou indécis) est de se renseigner sur le programme de première. Cela vous permettra de savoir avec plus de précision ce que vous attend concrètement en classe de première. Maths : Programme: https://www.education.gouv.fr/bo/19/Special1/MENE1901632A.htm D’emblée, nous commençons avec la classique et célèbre Mathématique. D’un côté, en prenant cette spécialité, il faut s’attendre à un niveau plus élevé par rapport à ce que nous étudions en seconde, un peu l’équivalent à l’ancienne maths des filière S. De l’autre côté, si vous n’optez pas pour cet enseignement, les chiffres et les calculs des mathématiques vous diront un au revoir en fin de seconde. Si avant elle était connue pour ouvrir les portes, maintenant certains peuvent la cadrer comme essentielle. En effet, si vous vous identifiez dans les sciences, le choix est catégorique. Il faut bien s’organiser et faire un travail régulier au long de la semaine afin de bien acquérir les informations. Ne laissez surtout pas vos devoirs pour la veille! Dès les premiers cours, vous remarquerez les nombreuses nouveautés, il faut s’accrocher depuis le début. Rassurez-vous que les chapitres travaillés ont été compris, car souvent ils complètent d’autres chapitres et reviennent au long de l’année. (exemple: le chapitre des dérivées qui est repris dans les fonctions exponentielles). “C’est là où on rentre vraiment dans les mathématiques un peu plus poussées et je trouve vraiment intéressant, je conseille fortement.” Noam Fitoussi. Physique-Chimie: Programme: https://www.education.gouv.fr/bo/19/Special1/MENE1901635A.htm La spécialité pour les Einstein et les Marie Curie en herbe! Souvent combiné avec les maths et la SVT, les élèves se montrent bien satisfaits et heureux avec leur choix, affirmant être une spécialité captivante et très intéressante. Parmi les aspects positifs, ils ont pointé les excellents cours administrés par Madame Soulhat, faisant avec grand dynamisme un équilibre entre la physique et la chimie. Les travaux pratiques, réalisés chaque semaine, sont les moments préférés de la classe et surtout pour ceux qui apprécient les manipulations. Les élèves avertissent aussi qu’il est important d’être un peu autonome, bien aimer faire des exercices et être un peu à l’aise avec les mathématiques. Finalement, pour ceux ayant un esprit scientifique, qui aiment faire les calculs et comprendre les lois et les bases de l’univers, la physique-chimie est faite pour vous. Bernardo Rollemberg: “Je sens que je découvre le monde au lieu de juste apprendre un cours. C’est exactement ce que j’aurai pu rêver. Je m'attendais déjà aux premiers cours que je puisse aimer la spécialité, mais maintenant je l’adore.” SVT: Programme: https://eduscol.education.fr/1664/programmes-et-ressources-en-sciences-de-la-vie-et-de-la-terre-voie-gt Celle-ci fera une approche bien plus approfondie des notions que nous avons travaillées en seconde avec ces trois grands axes qui seront étudiés pendant l’année (corps humain et santé, enjeux contemporains et la structure terrestre). Comme la physique-chimie, cette spécialité travaille les manipulations avec l'utilisation des logiciels, des microscopes et de diverses expériences. Elle comportera beaucoup de vocabulaire scientifique, d’où l’importance de bien réviser les cours chez soi. Iara Martinez: “Pour moi, la spécialité SVT ne ressemble en aucun cas à un cours traditionnel, c’est vraiment fascinant. Quand j’avais commencé, je m’attendais plutôt à la méthode des cours à distance qu’on a eu en 2020. Mais en vrai, ce sont des cours dynamiques et incroyables qui passent vraiment vite, notamment avec les expériences. On fait chaque semaine des TP où on apprend une nouvelle notion et qui nous aide à mieux comprendre les cours. Ceux qui s’intéressent ne vont pas regretter cette spécialité. J'ai même décidé de la garder en Terminale, car je suis vraiment tombée amoureuse des sciences.” Humanités Littératures et Philosophie: Programme: https://www.education.gouv.fr/bo/19/Special1/MENE1901578A.htm Une spécialité qui commence avec sa particularité d’être administrée par deux professeurs, faisant ainsi un bon échange entre la philosophie et la littérature. Un excellent approfondissement sur votre culture générale, analyse de textes et des notions vu en cours de français (matière très complémentaire avec cette spécialité). Elle permettra également d’avoir une première introduction à la philosophie avant la Terminale. Les élèves conseillent fortement cette spécialité pour ceux qui s’intéressent à l’art et les connaissances humaines. Valentin Savva: “Humanités est une excellente spécialité. Bien que les idées reçues l’encadrent parfois comme un cours de français, nous exploitons une littérature beaucoup plus générale, allant au-delà des frontières de France avec des différents auteurs du monde. En plus, nous étudions la poésie, les films, les arts.... tout cela dans une ambiance de cours amusante avec une salle de classe où nous avons construit un sentiment de groupe. Enfin, les travaux à faire sont très différents de ce à quoi nous sommes habitués, c’est assez divers et créatif comme écrire un poème, préparer le compte rendu d’un film… ” HGGSP: Programme:https://eduscol.education.fr/1676/programmes-et-ressources-en-histoire-geographie-geopolitique-et-sciences-politiques-voie-g Histoire-géographie géopolitique et sciences politiques! Certainement la spécialité la plus longue à prononcer, elle passionne les élèves amants des enjeux contemporains. Des grands thèmes comme la démocratie et les puissances, auront à la fois une accroche variée qui peut aller de l’empire byzantin jusqu’au conflit des deux Corées. C’est une spécialité qui peut faire une belle combinaison avec la section OIB et qui vous fournira des notions géopolitiques importantes. De nombreux exposés sont présentés, rendant le cours dynamique et ajoutant encore plus de la culture générale. Néanmoins, c’est un cours où vous allez beaucoup écrire que ce soit pendant la prise de notes ou lors des contrôles sous forme de réponses organisées ou analyse de documents. Enfin, c’est une spécialité qui vous permettra de mieux comprendre les actualités du monde à l’échelle internationale. Nous faisons souvent le lien entre le programme et les derniers évènements. Belén Bitar: “Les cours de HGSSP sont super dynamiques et intéressants. À travers plusieurs moyens didactiques, nous apprenons beaucoup. Les sujets de HGGSP sont super captivants et modernes, car en effet, en passant par une réalité historique, nous arrivons à notre réalité contemporaine. Du coup, HGGSP m’a permis de comprendre le monde, et de voir son évolution.La spé ne m’a pas du tout déçue et je la conseille vivement à tous ceux qui veulent comprendre l’évolution de la politique et de la société en soi, de prendre la spécialité HGGSP.” LLC: Programme: https://www.education.gouv.fr/bo/19/Special1/MENE1901590A.htm Depuis l’année dernière, cette spé faisait déjà des jolies surprises pour certains élèves. Un an après, on retrouve le même scénario! Le travail reste sur la littérature anglophone (qui est assez vaste, riche et intéressante) et le cours suit des thèmes à la place des célèbres “units” dans les manuels scolaires. Les cours s’appuient également sur d’autres contenus culturels comme les interviews, films, photographies et séries. Certainement ceux qui aiment déjà les cours d’anglais ne seront pas déçus avec cette spé! Le niveau attendu en fin d'année est un B2, voire C1 en Terminale. C’est une très bonne stratégie pour ceux qui considèrent faire leurs études supérieurs dans les pays anglophones (Angleterre, USA, Australie, Canada…). On vous apprendra à développer vos capacités dans la langue de Shakespeare comme écrire les “essays”, travailler à l’oral et développer le vocabulaire. Ici, l'apprentissage de la prise de notes est inévitable car plusieurs informations importantes sont juste dites oralement et qui pourront nous aider après dans des contrôles. Cela vous permettra de pratiquer votre “listening” et votre “writing” constamment. Sophia Dias: “en LLC je trouve que c’est vraiment trois heures de cours qui passent rapidement grâce à son contenu intéressant. En plus, les livres qu’on a travaillés au long des trimestres (Animal Farm, Of Mice and Men, The Great Gatsby…) m’ont bien plu. J’ai toujours eu une facilité plus grande avec l’anglais et c’est une langue qui m’a toujours intéressée et passionnée. Quand j’ai vu la possibilité de faire cette spécialité, je n’ai pas hésité. J’avais trouvé l’opportunité parfaite de réconcilier un approfondissement sur mes connaissances et d'apprendre de nouveaux savoir-faire. J’ai d'ailleurs choisi de garder cette spécialité en Terminale, car j’envisage des études en Angleterre et probablement travailler avec les langues.” SES: Programme: https://www.education.gouv.fr/bo/11/Special8/MENE1119438A.htm Cette spécialité mènera à des études qui vont concilier le présent et le passé de l’économie et de la sociologie. Elle approfondira les principales notions vues en seconde comme l’offre et la demande, étudiera les crises économiques, des auteurs importants comme Emile Durkheim et Adam Smith… Elle peut surement être beaucoup exploitée si elle vous passionne. Pleins de retours positifs sont attribués au dynamisme du cours et le programme, qui inclut l'interprétation de graphiques et de documents. Theo Milon: “Ce qui est surtout intéressant du cours de Spé SES, c’est le dynamisme et le programme concerné. J’étais pas vraiment captivé au début, mais le dynamisme du cours, géré par une classe toujours vivante, par un professeur qui prend son temps pour bien expliquer chaque question posée, et par une méthode d'apprentissage plutôt visuelle grâce aux nombreux graphiques et vidéos analysées, font de la matière de SES une matière toujours intéressante. De plus, le programme de cette année est, lui aussi, captivant. On étudie les fonctions de la monnaie, les formes de financement, la concurrence, les liens sociaux et la socialisation. Si vous vous intéressez aux sciences sociales et particulièrement à l'économie, à mon avis, la spécialité de SES est donc un excellent choix.” Derniers conseils ! Pour conclure j’aimerais faire le point sur les derniers conseils généraux. Grâce à l’enseignement à distance en 2020, les élèves ont développé une qualité précieuse: être autonomes. En effet, plus vous vous organisez, participez en cours et êtes attentifs et à l’écoute, plus l’année de Première sera bien réussie. Ne croyez pas non plus aux stéréotypes de “spé facile” ou “spé difficile”! Quelle que soit la spécialité que vous aurez prise, le travail sera poussé et demandera votre dévouement. Au début, accrochez-vous au maximum et ne vous découragez pas très vite! Le changement seconde-première sera peut-être intense, mais chaque professeur souhaite vous voir réussir et sera vraiment ouvert à vous. C’est un moment difficile pour tous! Il est normal à 15/16 ans de ne pas savoir ce qu’on aime, ce pour quoi nous sommes doués, sans avoir trouvé une vraie passion et aptitude. Si vos idées ne sont pas encore claires, notre conseiller d’orientation, monsieur Davanture, sera toujours disponible pour vous aider. Soyez au courant que certaines voies vont obligatoirement exiger l’étude de certaines spécialités, notamment dans le domaine scientifique. Logiquement, on ne peut pas se diriger vers l'ingénierie sans les maths, la médecine sans la SVT ou l’économie sans la SES. Alors, pour les quelques élèves, sûrs de leurs futurs métiers, je vous conseille d'exploiter ParcourSup. La plateforme réserve un espace pour le Bac 2021 par rapport à vos études. Il suffit d’aller en “formations” puis “chercher une formation”, sélectionner une université et cliquer dans “voir la fiche”. Je tiens à remercier Noam Fitoussi, Theo Milon, Bernardo Rollemberg, Valentin Savva, Sophia Dias, Jasmine Arnould, Louise Rodrigues, Tais Pereira , Iara Martinez et Belen Bitar pour leurs témoignages. Maria Clara, 1ere2

Métier : Psychologue avec spécialisation en abus de drogues et troubles alimentaires

Métier : Psychologue avec spécialisation en abus de drogues et troubles alimentaires

Journal n 10 : Psychologue : Claudia Netto, formée à la PUC-RJ -Quel a été votre parcours pour devenir psychologue ? R: J’ai décidé de laisser tomber la traduction et j'ai embrassé les études de psychologie il n’y a pas très longtemps, l'année dernière j’ai fini mes dernières spécialisations en dépendance chimique et aussi en troubles alimentaires. J'ai suivi les cours de spécialisation à PUC-RJ. -Où travaillez-vous ? R: Avant la Pandémie j'avais ma salle et aussi je travaillais à un Institut, maintenant je ne travaille qu'à distance, et j'avoue que j'aime bien ça. -Quelle est votre charge horaire de travail ? R: La quantité d'heures de travail est très variable, ça dépend de la quantité de patients, aussi de combien de temps on décide de se consacrer, il ne faut pas oublier de laisser toujours un temps pour les études, on peut toujours s'améliorer dans nos techniques. Personnellement, je n'aime pas travailler les vendredis, donc, je travaille pendant 10 heures deux fois par semaine, les autres jours je travaille moins. *Maintenant pour les questions les plus personnelles* -Qu'est-ce qui vous a motivé à vous spécialiser dans la toxicomanie (abus de drogues) ? R: Pendant ma formation, j'ai travaillé dans un hôpital qui recevait des patients psychotiques en crise. J'aime beaucoup travailler avec la santé mentale et dans cet hôpital j'ai connu plusieurs jeunes qui avaient leurs premiers épisodes psychotiques dû à l'usage de cannabis, marijuana. Ça m'a impressionnée. Surtout vivant au Brésil car nous avons tendance dans notre société à trouver que le cannabis est "cool", relaxant et ne provoque aucun problème... -Et pour les troubles de l'alimentation ? R: Pour les troubles de l'alimentation c'est différent. L'alimentation m'a toujours intéressée et la quantité croissante des personnes malades d'obésité m'a poussé à regarder cette affaire de plus près. L'obésité est un problème visible, mais ce n’est qu’un des troubles alimentaires. L'anorexie et la boulimie sont aussi des troubles très graves, entre autres. C'est un sujet assez large. Mais, les troubles alimentaires et la dépendance chimique ont un point commun : la compulsion. -Depuis quand avez-vous eu envie de faire de la psychologie et pourquoi ? R: J'ai toujours étudié la Psychologie et aussi la Psychanalyse. J'étais traductrice à l'origine. En approchant la cinquantaine, je me suis rendu compte que j'avais encore beaucoup à faire et que j'en avais assez de traduire. Donc j'ai décidé de changer de voie et j'ai découvert une vraie passion. -Avez-vous toujours eu un profil en sciences humaines ? R: Oui, j'ai commencé mes études par le Droit, mais à la fin de la troisième année j'ai laissé tomber et décidé de suivre un cours de Lettres. J'ai un Master en Littérature Comparée à la Sorbonne. -Comment se sont passées vos études ? La duration, où avez-vous obtenu votre diplôme et quelle a été votre expérience ? R: J'ai toujours été bonne élève, et grâce à une bonne formation scolaire jusqu'au lycée, j'ai jamais eu de difficulté à passer dans des concours, cependant, je crois que j'aurais dû faire des tests d'orientation professionnelle de bonne qualité, avant de commencer mes études universitaires. J’ai réalisé ma formation en 7 années au total. Au brésil il faut faire un cursus de 5 années, d’université de psychologie (qui a l’équivalent d’un master). Il faut ensuite faire 2 ans pour chaque spécialisation, mais on peut les faire en même temps pour aller plus vite (par exemple j’ai fait ma spécialisation en toxicomanie et troubles alimentaires en même temps ce qui m’a pris deux ans). -Quels conseils donneriez-vous aux étudiants plus jeunes qui envisagent de suivre le même parcours ? R: Suivre une thérapie. Être Psychologue sans avoir été patient est possible mais est pauvre en expérience. Étudier plusieurs théories différentes, avoir toujours l'esprit ouvert. -Aujourd'hui, quels sont les plus grands défis de votre profession ? R: En fait, avec la pandémie je crois que la demande d’assistance psychologique est très élevée, ce qui est dommage, cela signifie qu’il y a plus de dépression, anxiété etc... Le préjugé contre les séances en-ligne est tombé, ce qui est positif. Avec le terrorisme, les pandémies, la violence, etc les hommes se sentent de plus en plus vulnérables, avec les progrès des neurosciences, la psychologie peut venir à l’aide d’énormément de personnes, et nous pouvons aider à trouver l'équilibre de chacun. -Et quelle est votre partie préférée de votre métier ? R: J'adore la clinique, mais ma partie préférée c'est quand je peux dire à un patient qu'il peut continuer sans moi. Noemi de Carvalho, TA

Le jour où Coca Cola a failli disparaître

Le jour où Coca Cola a failli disparaître

Journal n 10 - 02/11/2021 Savais-tu que dans les années 80 la célèbre boisson gazeuse noire et pétillante a failli disparaître? En 1974, Pepsi décida de lancer une publicité qui consistait à donner aux consommateurs dans les supermarchés deux bouteilles sans étiquette de Coca Cola et de Pepsi. Après avoir goûté les deux boissons, ils devaient choisir et voter quelle était celle qu’ils avaient préféré. Pepsi remporte la victoire avec 15% de votes de plus que Coca Cola. C’est comme ça que, peu à peu, Pepsi commença à être de plus en plus connue tandis que Coca Cola fut progressivement délaissée. En 1985, Roberto Goizueto le CEO de de Coca de l’époque, décida de modifier l’ingrédient secret de la recette et ainsi créer la “New Coke”. Il voulait donc changer, à plus de 100 ans de la naissance de cette icône de la consommation mondiale, sa saveur pour se rapprocher de celle de Pepsi: impensable. On aurait dit une guerre. Les rues étaient remplies d’un côté, de publicités de la “New Coke” et de l’autre, d’annonces de Pepsi informant que Coca Cola avait tout à coup décidé de changer sa saveur pour se transformer en Pepsi!! La foule était du côté de Pepsi et c’est comme ça que Coca Cola reçut des centaines d’appels, la majorité négative. Des associations se constituent uniquement pour préserver le “Coca Cola réel” et il y a eu aussi beaucoup de manifestations. Il y avait même des panneaux proclamant “Our children will never know refreshment” et les gens comparent la nouvelle saveur de la boisson à cracher sur le drapeau des États-Unis: incroyable mais VRAI. Un moment de chaos, mais finalement, après 79 jours, Coca Cola décida de faire marche arrière et mettre fin à cette nouvelle boisson et annonça que l’ancienne Coca Cola était de retour. Jefferson, Madison, Washington et consorts pouvaient enfin souffler: l'étendard mondial du “made in America” était sauf!! Kaliyana Coudassot, 2nde2

"Alô Professor"

"Alô Professor"

Journal n 10 - 02/11/2021 Vous connaissez sûrement Monsieur Desbois, professeur de français, de théâtre et de la spécialité Humanités au Lycée Molière. Néanmoins, il se peut qu'entre les cours de grammaire, la préparation pour le bac et les mises en scènes, vous n’avez pas eu l’occasion de connaître le Laurent Desbois qui a construit un cursus remarquable dont il peut être très fier. Alo professor: Monsieur Desbois et son parcours peu commun Professeur agrégé hors-classe de Lettres Classiques (Latin, Grec) formé à Paris-IV Sorbonne, docteur en Littérature et Sciences de l’Art de l’Université de Paris-X, doyen du Jury de Baccalauréat de Français du Cône Sud-Américain depuis 1996, correspondant au Brésil (de 1998 à 2002) de la plus prestigieuse revue de cinéma au monde : Les Cahiers du Cinéma… la liste est bien longue! Et n’oublions pas son ouvrage de référence sur le cinéma brésilien, publié ici par la plus influente maison d’édition sud-américaine (Companhia das Letras) et célébré à l’unanimité par la critique au Brésil avec page entière dans les plus importants journaux (Folha de São Paulo, O Estado de São Paulo, O Globo): L'Odyssée du cinéma brésilien - De l’Atlantide à la Cité de Dieu. Le livre se trouve notamment au programme de lecture cette année (premier semestre 2021) des étudiants de cinéma à Paris IV-Sorbonne nouvelle. Afin de rentrer plus dans le détail, j’ai eu l’occasion de réaliser une agréable interview et de lui poser quelques questions. Quand et comment votre intérêt pour le théâtre a-t-il commencé? Au niveau personnel depuis toujours! J’ai toujours aimé lire, voir des pièces et des films. Par rapport au théâtre, c’est mon année de Terminale qui a été décisive. J’avais seulement 15 ans et je suivais une section très difficile qui s'appelait C et qui était même plus exigeante que l’ancienne filière S. Bien que je fusse un très bon élève en mathématiques, je me suis dit que ce n’était pas mon domaine car j'étais beaucoup plus heureux en cours de latin, de philosophie, de grec ou alors sur scène au théâtre en travaillant les auteurs, les improvisations et spectacles poétiques. C’est ma professeure de philo qui m’a fait découvrir le club de théâtre. Ensuite j'ai eu beaucoup de chance car j'étais élève au Lycée Condorcet, un grand lycée de Paris, qui faisait des partenariats avec le Lycée Lamartine où la professeure de français qui dirigeait l’atelier théâtre à l’époque était la fille d’Eugène Ionesco, l’auteur de La Cantatrice chauve et de Rhinocéros. J’ai eu donc l'occasion de connaître, encore bien jeune, un grand auteur qui venait même aux répétitions. A l'époque on avait aussi créé un journal, comme vous le Lièrmo, et j'étais un des journalistes. Là, j'ai découvert ma vocation. Le résultat: j'ai pris une décision et choisi les Lettres Supérieures : je ne regrette pas mon choix!” Avez-vous rencontré des gens, au long de votre carrière, qui vous ont marqué? Beaucoup de gens m'ont marqué! Quels que soient les pays où j'ai vécu et travaillé, j'ai toujours fait des rencontres exceptionnelles et heureuses. En effet, j’ai voyagé professionnellement : le Maroc, l'Espagne (la fabuleuse Andalousie), la Pologne, le Cameroun, les îles de l´Océan Indien (La Réunion, Maurice), la Bulgarie, puis le Brésil et des missions depuis 25 ans dans presque tous les pays d´Amérique du Sud ou Centrale, du Pérou au Costa-Rica et au Salvador en passant par la Colombie ou l´Equateur. Je peux citer des noms ici au Brésil qui sont connus comme Fernanda Montenegro, mon amie très chère depuis 1998. C'est une femme très brillante avec qui j'ai animé beaucoup de conférences et débats. Pour moi, elle représente allégoriquement, quelque part, la grandeur de la femme brésilienne et de la femme en général. En plus c'est une très grande actrice et qui est exceptionnelle avec la Vis Comica c'est-à-dire le pouvoir de faire rire et la Vis Tragica, le pouvoir de faire pleurer. Parmi les personnes qui m’ont marqué au Brésil, il y bien sûr aussi ma très grande amie la diva iconique de la Négritude brésilienne Ruth de Souza, petite-fille d´esclaves et pionnière des actrices noires du théâtre, de la télévision et du cinéma au Brésil. Un exemple de courage, de force et de détermination.” Votre parcours vous permet de poursuivre un vaste choix de carrières et finalement, du lundi au vendredi vous êtes professeur de français, théâtre et en spécialité humanités. Comment êtes-vous arrivé au Lycée Molière? Qu'aimez-vous particulièrement ici? 18 années c'est comme une relation d'amour et surtout de fidélité! Je suis arrivé ici car j'étais déjà en poste à São Paulo. Je donnais des cours au lycée Pasteur mais j'avais d'autres fonctions : j’étais conseiller pédagogique, attaché linguistique et à un moment donné attaché culturel adjoint pour la partie cinéma à São Paulo. Puisque j'étais dans ce circuit j'ai eu une proposition de poste en 2002 : la direction du Centre Culturel de Palerme en Sicile. Une opportunité fascinante et passionnante pour ceux qui aiment les lettres classiques comme moi! Cependant je voulais rester au Brésil. Comme j'avais une passion pour Rio depuis que j'avais vu le film L’homme de Rio, avec l’acteur Jean-Paul Belmondo qui vient de décéder, je rêvais depuis mon enfance de ce Rio de Janeiro. Il se trouve qu’il y avait des postes au Lycée Molière et ma candidature a été retenue. D’ailleurs j’ai eu beaucoup de chance ici car j'ai commencé à l'époque où il y avait 17 élèves en Première puis Terminale L qui étaient extraordinaires. Je me suis retrouvé responsable de l’atelier théâtre où j'avais ces élèves bouillonnants ; l'un d’entre eux : le comédien Gregório Duvivier avec qui je suis resté très lié. Donc il fut facile de tomber amoureux du Lycée Molière et de la ville de Rio où je me suis plu dès le départ sur le plan professionnel et sur le plan personnel : finalement j´y suis resté et j´y suis depuis 18 ans. Qu’est ce qui vous a mené à continuer au Brésil malgré la proposition de partir en Italie? Qu’est ce qui vous plaît dans la Cidade Maravilhosa? J'ai toujours été un adepte de la devise du carpe diem: cueillir le jour, vivre l'instant. Et c'est ce que j'aime particulièrement dans la ville de Rio, dans cette manière de vivre où chaque jour est important. Contrairement à la France, où l´on entend souvent “je n’ai pas le temps”, ici on va souvent rencontrer quelqu’un qui trouvera un temps pour passer du temps avec toi et discuter. Et ça c'est merveilleux! C'est-à-dire qu´on privilégie l'instant à l'instant. Malgré tous les problèmes, on continue à vivre avec un grand V au jour le jour. Et j'aime beaucoup cela parce que cette philosophie du quotidien correspond profondément à ma manière de vivre.” Qu’est ce que le travail d'enseignant vous apporte de plus précieux? J'aime enseigner et rester jeune avec les adolescents. En restant en contact avec les générations qui se renouvellent, on ne peut pas vieillir! Être constamment en relation avec de nouveaux élèves, c'est très enrichissant. Puis, il y a mon goût de transmettre les acquis. Maintenant, je commence à avoir pas mal d'expérience dans beaucoup de domaines et c'est tellement épanouissant de voir d'autres générations s'approprier ces connaissances. À mon avis le futur réfléchit sur le passé et les deux sont liés de façon cyclique. Donc enseigner c’est transmettre mais c'est aussi recevoir. Je m'intéresse dans le fond à découvrir les véritables personnalités qui se cachent derrière les élèves, c’est d’ailleurs pour ça que j’aime particulièrement les élèves en difficulté ou les élèves un peu artistes. J'aime mon métier : je pense que ce n'est pas un métier facile mais c'est quand même merveilleux. On y entre par vocation. En plus, j'ai débuté précocement au Maroc à 20 ans au bord de l’océan Atlantique à Casablanca, cet océan qui me poursuit depuis ma naissance en Bretagne dans le port de Brest, jusqu'à l´Arpoador où je vis face à lui à Rio. ” Écrire un livre sur le contexte politique et social du Brésil à travers son cinéma fut une idée très originale. Comment a été le processus de création et de recherche? Pensez-vous à écrire un nouveau livre? Ma relation avec le Brésil est cinématographique. Je suis venu au Brésil grâce au cinéma, grâce à trois films: L'Homme de Rio, Orfeu Negro et Deus e o diabo na terra do sol. Le livre est né en fait parce qu'en arrivant en 1996 j’ai accompagné ce qu'on appelle la Retomada du cinéma brésilien. En effet, tout commence lorsqu'on m'a invité à êtrecorrespondant au Brésil des Cahiers du Cinéma et ainsi, à suivre justement la reprise du cinéma brésilien. Ce que j'ai fait de Central do Brasil à Cidade de Deus. C’est une époque qui a été extraordinaire et plaisante où j'ai rencontré et suis devenu ami de cinéastes, d'acteurs, d'actrices, de producteurs, de scénaristes et de musiciens. Betty Faria et Walter Salles par exemple, qui a rédigé la préface de mon livre. Du coup un jour, alors que j'avais une thèse à terminer en université, mon directeur de recherches m'a proposé de prendre quelque chose de plus moderne comme le cinéma brésilien et voilà! Cela s´est fait un peu indépendamment. Je voulais travailler sur les notions historiques et les peuples du Brésil à travers le cinéma. C’est un pays d'une telle richesse historique et géographique! C'est un paradis culturel et humain à analyser dans toute sa complexité. Je me suis dit que toute mon expérience acquise pourrait être transmise dans un livre qui soit agréable à lire, à travers le miroir culturel, sociologique et historique qu'est le cinéma, qui reflète beaucoup d'un peuple, d'un pays et de sa culture. J'étais heureux d'aboutir et surtout que le livre soit traduit ici et choisi par la plus grande maison d'édition du pays! Et encore plus étonné quand les critiques sont sorties. Je ne pensais pas que la critique serait unanime, avec dans les grands journaux des pages entières comme dans O Estado de São Paulo ou O Globo, c'était vraiment une surprise et un honneur! Je crois que je dois être un peu franco-carioca dans le fond. Normalement il y a un troisième volume, je l’ai commencé, mais ne vais pas le terminer pour l'instant parce que je n'ai pas assez de recul par rapport aux dernières années du cinéma brésilien : je l'achèverai peut-être dans 5 ou 10 ans. Sinon j´ai commencé à travailler sur des scénarios de films, dont un pour Fernanda Montenegro, et une adaptation du roman naturaliste brésilien très audacieux O Bom Crioulo d´Adolfo Caminha. Verront-ils le jour ? Le cinéma est un monde imprévisible et capricieux parfois, comme la vie Bien que nous ayons une place limitée pour l’article, il y a encore plein d’histoires et de détails à savoir encore! N’hésitez pas à aller voir Monsieur Desbois, qui sera ravi de vous raconter ses expériences! Maria Clara Fontes, 1ere2

Il était une fois en Argentine: Toddy, LE biscuit

Il était une fois en Argentine: Toddy, LE biscuit

Journal n 10 - 02/11/2021 “Toddy” est le nom d’une marque de biscuits qui fit leur apparition en 2012 pour diviser les réseaux sociaux et la population en deux camps: d’un côté, les privilégiés qui avaient réussi à les goûter et de l’autre, ceux qui n’avaient pas encore eu la chance de les trouver. La foule les décrivait comme les meilleurs biscuits sur Terre et les gens se disputaient pour les acheter. La demande fut telle que ces biscuits disparurent en un clin d'œil. Finalement, très peu de gens avaient eu la chance de les goûter, ce qui provoca un chaos et un sentiment d'urgence de les trouver. La demande avait surpassé l'offre. Les chargés de marketing décidèrent de surfer sur ce chaos: ils décidèrent d'augmenter l'effet-rareté en diminuant plus encore la distribution des paquets fabriqués ce qui multiplia plus encore la demande et la notoriété de la marque. Il décidèrent même de coller une étiquette sur les paquets informant les gens qu’ils ne pouvaient en acheter qu'un seul. Ils avaient réussi à provoquer le délire que la pandémie a provoqué l'an dernier avec le papier hygiénique. Les réseaux sociaux étaient remplis d’informations sur ces biscuits et il y avait même des youtubers faisant des vidéos sur ce chaos. Le rêve de n’importe quelle marque était devenu réalité: la publicité était faite par les propres clients (de bouche à oreille). A un moment les usines qui continuaient à fabriquer des Toddys étaient remplies alors la marque décida de lâcher les vannes: ils remplirent soudainement les supermarchés et les magasins de Toddys! Ainsi, en dépensant au final très peu d’argent, Toddy réussit à devenir très célèbre… et très rentable. Tout cela grâce à une des meilleures campagnes publicitaires de tous les temps. Only in Argentina… Kaliyana Coudassot, 2nde2

L’affaire des sous-marins, expliquée.

L’affaire des sous-marins, expliquée.

Journal n 10 - 11/11/2021 Cette citation, l’une des plus connues de l‘ex président Charles De Gaulle, a retrouvé de l’écho le 15 septembre dernier, lorsque la France apprit la rupture inattendue d’un contrat de 50 milliards d’euros signé en 2016 et fut humiliée sur la scène internationale. Pour cause ? L’Australie, pour qui l’entreprise Naval Group (fleuron de l’industrie navale française) devait produire 12 sous-marins, qui a annoncé sans prévenir la France la rupture subite de son contrat avec l’entreprise française. “Humiliée”, "trahie", la France dénonça la rupture du contrat comme un “coup dans le dos” et une humiliation sans précédent. Mais pourquoi l’Australie a-t-elle subitement rompu ce contrat? Et que nous dit cette affaire de la carrure internationale de la France? Pour répondre à ces deux questions, essayons de comprendre plus en détail l’affaire des sous-marins. Le 20 Décembre 2016, le ministre français des Affaires Étrangères, Jean Yves le Drian, signe avec le gouvernement Australien ce que l'on surnomme alors "Le Contrat du Siècle" . Pour une valeur de 50 milliards d'euros et une durée de 50 ans, l'entreprise française Naval Group, leader européen du secteur du secteur naval, s'engage à construire 12 sous-marins pour l'Australie. Ces sous-marins, l'Australie en a besoin pour contrer la présence militaire toujours plus forte de la Chine dans la région de l'Indo-Pacifique, où elle essaye de s'approprier des îles et ZEE des pays environnants. Seulement, l'Australie n'est pas la seule à vouloir contrer l'expansionnisme chinois dans la région. C'est pour cela que le 15 Septembre, les États-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni ont annoncé la création de l'Aukus, une alliance militaire visant à renforcer la présence occidentale dans l'Indo-Pacifique. C'est une réponse directe aux avances de la Chine. Or si cette alliance semblait être une bonne nouvelle, elle était accompagnée d'une clause qui indiquait que la responsabilité de fournir l'Australie en sous-marins revenait à des entreprises américaines et britanniques, et non plus françaises. Les Américains souhaitaient en effet fournir des sous-marins à propulsion nucléaire (et non au diesel) aux Australiens. Voilà pourquoi ces derniers ont dû rompre leur contrat avec la France du jour au lendemain. S'en est suivi une crise diplomatique entre la France, les États-Unis et l'Australie. Se sentant trahie et en colère, la France a rappelé ses ambassadeurs américains et australiens pour motif de *consultations", et le premier ministre Australien a cité "des difficultés dans la coopération avec Naval Group" comme autre motif de la rupture. Cette affaire fût une douche froide pour la France. Cette dernière à été traitée comme ce qu'elle est, une puissance moyenne dont la satisfaction et les intérêts ne sont pas la priorité de l'Australie, le Royaume-Uni et surtout les États-Unis. Cette histoire n'est rien d'autre que le reflet de l'affaiblissement français sur la scène internationale, à l'heure où le monde est de plus en plus bipolaire, et où la Chine et les États-Unis donnent le ton. Reste à savoir si la France sera capable de rebondir, consolider ses alliances, renforcer son autonomie, tout en évitant de se prendre pour ce qu'elle n'est plus, une grande puissance. Lucas De Coster, TA

Tote bag et écobag, aussi écolo que ça ?

Tote bag et écobag, aussi écolo que ça ?

Journal n 10 - 02/11/2021 Alors qu’ils sont à la mode partout dans le monde pour leur praticité et leur statut « d’alternative au plastique », les tote bags (ou sacs en coton) ne serait pas exactement ce que l’on pense. En 2018, l’Agence danoise de protection de l’environnement a décidé d’analyser le cycle de vie des sacs de provisions, dont les tote bags, pour connaître leur empreinte écologique. (Attention, les résultats peuvent surprendre) Un sac en coton biologique a un impact positif sur le changement climatique à partir de 148 utilisations et un sac en coton conventionnel à partir de 52 utilisations. En revanche, si l’on souhaite que ces sacs aient un impact positif sur l’ensemble des éléments étudiés dans une analyse de cycle de vie (consommations d’eau et d’énergies, toxicité pour l’humain, etc), il faudrait que le sac en coton biologique soit réutilisé plus de 20 000 fois et le sac en coton conventionnel plus de 7 100 fois. Cela équivaut à utiliser le même sac pendant 54 ans, pour le premier, ou 19 ans, pour le second, tous les jours. Et pour seulement un seul sac ! Le problème, c’est le coton. Premièrement, il est extrêmement friand en eau. Deuxièmement, il est aussi associé au travail forcé, dû aux révélations sur l’exploration du peuple Ouïghour au Xinjiang en Chine, pays qui totalise 20% de la production mondiale de coton. Donc on voit que l’impact des tote bags n’est pas que polluant mais aussi humain. La première solution qui nous vient en tête est alors le recyclage. Cependant, seulement 15% des 30 millions de tonnes de coton produites chaque année se retrouvent dans des centres de recyclage de textiles. Pire encore, entre les tote bags qui vont être recyclés, certains ont des logos fait d’un matériel qui est extrêmement difficile à décomposer, donc à recycler. Ainsi, beaucoup de coton possiblement recyclable se retrouveraient définitivement à la poubelle. En même temps, on ne peut pas dire que le coton est pire que le plastique ou que les deux sont même comparables. Alors que le coton utilise des pesticides (dans le cas des cultures de coton conventionnel) et assèche des rivières à cause de sa très forte demande en eau, le plastique fait appel aux énergies fossiles qui émettent des gaz à effet de serre, ne sont pas biodégradables et polluent les océans. Heureusement, il existe quelques solutions. Les marques peuvent utiliser du coton recyclé et organique en même temps pour leur tote bag. Sinon, d’autres petits magasins ont déjà fait l’essai d’autres matériaux : le designer britannique Ally Capellino a récemment changé le coton pour du chanvre alors que la marque d’Anya Hindmarch fait ses tote bags à partir de bouteilles en plastique recyclées. Conclusion : si nous voulons vraiment avoir un impact positif sur l’environnement, il faut consommer peu. Nous n’avons pas besoin de 25 tote bags, un seul saura faire l’affaire. La solution se trouve dans un mode de consommation plus réduit : le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas. Julia Champagnon, TA

Séance science: Le dernier théorème de Fermat ou le théorème de Wiles

Séance science: Le dernier théorème de Fermat ou le théorème de Wiles

Journal n 10 - 02/11/2021 L’histoire du dernier théorème de Fermat est l'anecdote mathématique qui résume le mieux l'histoire de ce monde de la raison et de la logique. Allant de l’Antiquité jusqu’au XXe siècle, ce défi arithmétique a été essayé d’être résolu par plusieurs grands mathématiciens de l’humanité. En quoi le dernier théorème de Fermat est-il si intéressant ? 1+1=2, 2+2=4, 3+2=5, dès le CP les élèves apprennent à additionner des nombres. En effet, on résout l’équation du type suivant : x1+y1=z1. À partir de la 6eme on apprend à trouver la valeur de l'hypoténuse d’un triangle rectangle suivant la formule a2+b2=c2, le célèbre théorème de Pythagore. Lorsque la dernière équation a pour variables des nombres entiers, nous avons un triplet de Pythagore. Parmi les triplets de Pythagore les plus célèbres nous avons 3-4-5 et 5-12-13. En effet, nous avons une infinité de triplets de Pythagore d’une infinité de types différents. La preuve est donnée comme un défi au lecteur. Pierre de Fermat est un avocat français du XVIIe siècle qui durant son temps libre développe des théorèmes mathématiques. Il développe le petit théorème de Fermat sur l’arithmétique modulaire et s'échange de lettres avec Blaise de Pascal sur le problème des parties, base de l’étude des probabilités. Pourtant, c’est peut-être grâce à son dernier théorème qu’il est devenu plus célèbre. Il affirme en 1673 à la marge d’une traduction en français de l’œuvre des Arithmétiques de Diophante : « Au contraire, il est impossible de partager soit un cube en deux cubes, soit un bicarré en deux bicarrés, soit en général une puissance quelconque supérieure au carré en deux puissances de même degré : j'en ai découvert une démonstration véritablement merveilleuse que cette marge est trop étroite pour contenir ». En effet, ce théorème est une conjecture qui affirme qu’ils n’existent pas des valeurs entières non nulles de x,y,z,n tel que xn+yn=zn avec n≥3. Cette démonstration n’a jamais été publiée ou découverte. S’il a trouvé une preuve ou non de cette conjecture, c’est tout l’enjeu de cette anecdote. Leonhard Euler, un des plus célèbres mathématiciens de l’histoire s’attaque au problème et prouve en 1747 que la conjecture est vraie pour n=4. Pour n=3, c’est aussi Euler qui la prouve en 1770. En 1825, c’est Dirichlet et Legendre qui prouve que le théorème est vrai pour n=5. En 1832, Dirichlet prouve aussi que cela est vrai pour n=5. Pour n=7, c’est Lamé en 1839. Paul Wolfskehl était un physicien allemand dépressif. Une journée, il est allé dans une bibliothèque pour se suicider exactement à minuit. Pourtant, comme il est arrivé tôt au local, il a pris un livre sur le dernier théorème de Fermat qui avait quelques erreurs. Il passa la nuit à les corriger et n’a pas vu le temps s'écouler. Minuit passé, il décide alors de garder sa vie et offre un prix de 100 000 marks allemand à ceux qui seraient capables de résoudre le problème. Ramanujan, qui est déjà apparu dans le "Séance Science" (édition nº4 du Lièrmo) s'est également intéressé au problème et son équation 123+1=103+93=1729 est presque une solution du théorème. La technique détaillée était intéressante, mais n'était pas suffisante pour prouver si le théorème était vrai ou faux. Avec l'invention des ordinateurs Vandiver et Wagstaff ont calculé que le théorème est vrai pou les valeurs comprises entre 3 et 2521 en 1954. En 1980, l'on prouva que cela est vrai jusqu’à n=125 000. Dans les années 1950, le théorème de Shimura-Taniyama-Weil affirme que les courbes elliptiques (élément géométrique) et les fonctions modulaires (élément arithmétique) sont directement liées. Ce pont entre géométrie et arithmétique a permis à Frey, en 1985, de constater un lien entre les courbes elliptiques et le dernier théorème de Fermat. C’est alors qu’Andrew Wiles, mathématicien qui dès sa jeunesse s'est intéressé au théorème commence à étudier la question de manière secrète. Il passe 7 ans à travailler seul sur le problème. Il semble avoir trouvé une preuve en 1993, pourtant il avait fait une erreur. Il passe une année en train de corriger l’erreur et prouve officiellement en 1994 que le dernier théorème de Fermat, mieux le théorème de Wiles est vrai. Le théorème de Wiles est une œuvre mathématique de la seconde moitié du XXe siècle la plus célèbre. Avec tous les prix reçus, le nom de Wiles s'est inscrit dans l'histoire des mathématiques. Bernardo Rollenberg , 1ère 1

Paulo Freire, le mentor de l'Éducation

Paulo Freire, le mentor de l'Éducation

Journal n 10 - 02/11/2021 Centenaire de Paulo Freire Le mécène de l'éducation brésilienne faisant partie des penseurs les plus cités au monde, a fêté son centenaire le 19 septembre 2021. Considéré comme subversif par la dictature militaire, il a été exilé pendant 16 ans et a écrit plus de 30 livres, traduits en plusieurs langues . Il est le plus célèbre éducateur et a défendu comme objectif de l'école d'apprendre à l'élève à "lire le monde" afin de le transformer. Il est le premier éducateur à créer une méthode spécifique pour adultes, c'est le point fantastique sur l'inflexion non seulement de Paulo, mais de l'éducation du monde. Paulo est auteur de "Pédagogie des opprimés", son ouvrage principal, sorti en 1968, étant le seul livre brésilien qui figure dans la liste des 100 titres les plus demandés dans les bibliographies de cours des universités aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie et en Nouvelle-Zélande et le troisième le plus cité dans les articles universitaires en sciences humaines à travers le monde. Paulo Freire s'est beaucoup battu pour l'éducation dans notre pays, depuis sa jeunesse : en 1947, il est allé travailler à la direction de l'éducation et de la culture au Service social de l'industrie de Pernambuco, et c'est là qu'il a commencé à travailler avec l'alphabétisation des jeunes et des adultes et a créé sa propre méthodologie. Dans les années 60, il a appris à lire et à écrire à 300 ouvriers ruraux en un mois et demi. João Goulard, président du Brésil à l’époque, était impressionné et l’a invité pour créer un projet national de l’alphabétisation. Cependant durant le coup d'État au Brésil en 1964, le projet a dû être interrompu accusé d'endoctrinement marxiste. L'éducateur voit ses droits révoqués et s'exile d'abord en Bolivie, puis au Chili, où il reste quatre ans. C’est ainsi qu’il écrit la fameuse Pédagogie des Opprimés , celui-ci voulant nous transmettre la vision qu’éduquer est un acte politique. Il revient définitivement au Brésil en 1980 et devient professeur de la Unicamp et PUC SP. En 1989, il devient secrétaire à l'éducation dans la capitale de São Paulo, sous le gouvernement de Luiza Erundina. Freire a critiqué l'idée qu'enseigner c'est transmettre des connaissances car pour lui la mission de l'enseignant était de permettre la création ou la production de connaissances. Paulo est alors étudié dans les universités américaines, honoré de la sculpture en Suède, nom du centre d'études en Finlande. Ses travaux sur la pédagogie et sur les pratiques éducatives mondiales lui ont valu d'innombrables honneurs, récompenses et références académiques. Cet homme a consacré sa vie à lutter contre l'analphabétisme avec des théories qui reflètent une compréhension profonde des problèmes d'inégalités sociales et économiques et des besoins intellectuels des classes défavorisées de la société. Il propose une éducation qui unit enseignants et étudiants dans la construciton d'une pensée libératrice. Les questions d'oppression et d'humanisme sont à la base de ses théories éducatives. Il n'est pas concevable que ses principes soient encore un sujet tabou dans notre pays Cependant, malgré les avancées de Paulo Freire, l'analphabétisme au Brésil touche 7,0% de la population brésilienne, ce qui correspond à 11,5 millions de personnes (chiffres de 2017), d’après l’IBGE. Le taux élevé d'analphabétisme au Brésil pose de grands problèmes pour le pays et les individus. L'exclusion sociale et le manque de formation professionnelle en font partie. Paulo Freire est décédé à l'âge de 75 ans en 1997 laissant un héritage important : « l'éducation change les personnes, les personnes transforment le monde ». Clarisse Lagore, 1ère3

Les talibans : un monstre créé par la guerre froide et un certificat de défaite états-unienne

Les talibans : un monstre créé par la guerre froide et un certificat de défaite états-unienne

Journal n 10 - 02/11/2021 Il y a quelques mois, un événement a stoppé tous les moyens de communication dans le monde: Le groupe extrémiste religieux Taliban avait repris le pouvoir en Afghanistan. Des images de désespoir de personnes de tous âges essayant à tout prix de quitter le pays. Mais comment les choses en sont-elles arrivées là? Tout d'abord, pour pouvoir comprendre cela, il faut remonter quelques décennies en arrière et connaître certains événements majeurs. Plus précisément pour l'année 1979, en pleine guerre froide. Les troupes soviétiques envahissent le pays et assassinent le président Mohammad Daoud, subissant une forte résistance de la part d'une guérilla locale appelée moudjahidine: ce n'est que le début d'une histoire d'un pays qui ne connaîtrait pas la paix jusqu'à aujourd'hui. Pourquoi les Soviétiques ont-ils pris une telle mesure ? Pendant une grande partie du XXe siècle, l'Afghanistan a été, même pendant sa période monarchiste, un partenaire important de l'Union soviétique. Les Soviétiques ont joué un rôle très important dans le développement local et les infrastructures. Les années 1970, cependant, ont ébranlé la stabilité du partenariat afghano-soviétique – à commencer par un coup d'État qui a renversé la monarchie afghane en 1973 et conduit Mohammed Daoud Khan à la présidence du pays. Cependant, pendant son règne, les relations avec le Parti démocratique du peuple afghan se sont détériorées, ce qui a incité les communistes du parti à organiser un coup d'État contre le président. Tout cela s'est déroulé de manière brutale, avec une attaque contre le palais présidentiel et en plus de l'exécution du président, 18 autres membres de sa famille ont également été assassinés dans ce jeu de pouvoir connu sous le nom de révolution de Saur. Avec le coup d'État, les Soviétiques avaient frayé la voie à l'implantation du socialisme dans le pays à la situation géographique étrangement stratégique sur le globe. Les conservateurs locaux ont vu un tel coup comme une menace possible pour l'Islam, car l'éducation laïque avait été introduite ainsi que la permission pour les femmes de participer à l'arène politique. Obligeant les moudjahidines à appeler à la guerre sainte (jihad) déclenchant ce combat qui ne s'achèvera que dix ans plus tard. Le groupe de guérilla avait le soutien des États-Unis pour l'utilisation d'armes plus sophistiquées et d'argent pour financer d'autres dépenses. Un tel conflit avait été extrêmement coûteux et épuisant pour les socialistes, qui ont finalement abandonné complètement en 1989. Laissant un pays dans le chaos et avec une perte de près de 2,6 milliards de dollars (une petite somme de près de ce que leurs adversaires états-uniens dépenseraient près de 40 ans plus tard).

Maintenant que nous comprenons la racine du problème, où commencent à apparaître les talibans dans cette histoire ? C'est à ce moment que les moudjahidines deviennent une pièce importante de ce puzzle. Les guérilleros ont réalisé après la fin de la guerre qu'ils devaient imposer leurs interprétations de la loi et des principes islamiques afin d'essayer immédiatement de mettre fin à cette influence étrangère dans le pays, ce qu'on appellera plus tard les talibans que nous connaissons aujourd'hui. Le groupe officiellement créé en 1994 s'empare de la capitale afghane deux ans plus tard et prend le pouvoir pour la première fois du pouvoir dans le pays qui serait renommé « Émirat islamique d'Afghanistan ».
Le groupe Sunita n'était pas pieux au sujet des règles créées. Désormais, les femmes perdraient le droit d'aller et venir librement, d'étudier, de travailler et même de s'habiller à leur guise ; loin de là. En effet, le port de la burqa deviendrait également obligatoire. Et ce n’est pas que les femmes qui doivent porter le chapeau : les jours fériés non islamiques, la télévision et même la musique étaient strictement interdits. La partie manquante : les États-Unis, bien sûr Le célèbre attentat du 11 septembre a marqué un tournant dans l'histoire récente de l'Afghanistan. Bien que l'attaque terroriste la plus importante de l'histoire ait été orchestrée par une autre organisation terroriste, Al-Qaïda, dont le chef était Oussama ben Laden, les deux facteurs sont étroitement liés. En effet, les États-Unis, assoiffés de vengeance, ont envahi l'Afghanistan un mois après l'attentat; car c'était de là que l'organisation terroriste opérait. L'objectif était d'empêcher les talibans de faire du territoire afghan un refuge pour Al-Qaïda. Une guerre extrêmement coûteuse y commença, et la plus longue de l'histoire des États-Unis. Au cours des deux décennies qui ont suivi leur éviction du pouvoir, les talibans ont mené une insurrection contre les forces alliées et le gouvernement afghan soutenu par les États-Unis. Mais d'où vient l'argent de cette organisation pour soutenir une guerre de plus de vingt ans contre la plus grande puissance du monde ? L'Afghanistan est un pays au sol extrêmement riche. Ce sont les plus gros exportateurs d'opium au monde (matière première de diverses drogues comme la morphine et la codéine) et c'est la principale source de revenus des djihadistes. Cette activité est si rentable qu'elle permet au Taliban d'être extrêmement riche avec un flux de financement autonome. En outre, le groupe reçoit également de l'argent de l'exploitation minière, de l'immobilier et de bienfaiteurs régionaux non identifiés. Le début de la fin En 2017, les talibans ont adressé une lettre ouverte au président américain nouvellement élu Donald Trump, l'exhortant à retirer les forces américaines d'Afghanistan. Après des années de négociations, les talibans et le gouvernement Trump ont finalement signé un accord de paix en 2020. Les États-Unis ont accepté de retirer l'armée et de libérer environ 5 000 prisonniers talibans. Les talibans ont accepté de prendre des mesures pour empêcher tout groupe ou individu, y compris al-Qaida, d'utiliser l'Afghanistan pour menacer la sécurité des États-Unis ou de leurs alliés. Mais l'accord n'a pas apporté la paix. On sait très bien où va cette histoire. Ah, l'innocence...
La violence en Afghanistan a atteint son plus haut niveau en deux décennies. Les talibans ont accru leur contrôle sur des régions plus vastes du pays. En juin de cette année, le groupe a affirmé contrôler ou contrôler environ 50 à 70 % du territoire afghan en dehors des centres urbains. Joe Biden termine le travail de Trump Après Biden avoir annoncé le retrait de ses troupes, les talibans, dans une offensive éclair, le 15 août de cette année ont pris le contrôle de la capitale Kaboul; étendant effectivement leur contrôle sur le pays et dissolvant le gouvernement. Le président afghan Ashraf Ghani a quitté le pays et le contrôle du palais présidentiel a été repris par les rebelles. Tout s'est passé sans aucune résistance. Compte tenu de ce scénario, les États-Unis devraient accélérer la conclusion du processus de sortie du pays, en cours depuis l'année dernière : une méga-opération visant à éloigner en toute hâte les diplomates et les citoyens américains a été montée par les troupes américaines, qui contrôlaient toujours l'aéroport. Les talibans veulent vendre une image “moderne” Apparemment, les talibans sont déterminés à montrer qu'ils sont différents du passé ultra-conservateur. Ils prétendent être attachés à la paix et garantir certains droits des femmes (oh, qu’elle charité!) Le gouvernement inclusif permettra toujours aux femmes de s'éduquer (dans les limites des possibilités islamiques, bien sûr). Des prédictions erronées et des trillions de dollars gaspillés La plus grande puissance du monde a lourdement investi dans la guerre, les sources divergent considérablement sur le montant exact des dépenses du pays en Afghanistan. Une étude de l'Université Brown de 2019 a estimé les coûts des guerres post-11 septembre (en particulier celles en Afghanistan et en Irak) à 6,4 trillions de dollars d'ici à l'exercice 2020. D'autres estimations prévoient plus de 2 trillions de dollars rien qu'en Afghanistan. Cependant, si le but de tout cela était de maintenir les djihadistes hors du pouvoir, assurant ainsi la sécurité nationale, et qu'il a effectivement fallu quelques jours après le retrait des militaires du territoire pour que les talibans prennent le relais ; fondamentalement, les États-Unis ont brûlé de l'argent et ont été ridiculisés par les djihadistes devant le monde entier. Et quel impact cela a-t-il sur le monde ? Sur le plan économique, l'impact est faible. Les liens de l'Afghanistan avec le marché sont limités, car le pays ne compte pas beaucoup d'entreprises mondiales. Cependant, les craintes que le pays ne redevienne la cible d'attentats terroristes, provoquant des tensions au Moyen-Orient et une volatilité croissante des marchés, sont préoccupantes. La reprise du pouvoir par les talibans est considérée comme une exposition de défauts dans les décisions de la Maison Blanche. Et quant aux futurs impacts de cela, nous devons attendre pour le savoir. Laura Marinho, 1ere1

Un algorithme détraqué

Un algorithme détraqué

Journal n 10 - 02/11/2021 Le New York Times a révélé vendredi 3 septembre en fin de matinée qu’un algorithme de Facebook avait proposé des « vidéos sur les primates » à la suite d’une vidéo dans laquelle des personnes noires étaient présentes. La vidéo du Daily Mail concernait un appel de la police par une personne blanche contre des personnes noires dans une marina. Évidemment cette vidéo ne montrait ni animaux ni singes. Sous cette vidéo était proposé l’option de « voir plus de vidéo sur les primates » affiché pour certains utilisateurs du réseau notamment Darci Groves, ancienne employée du géant social. « C’est scandaleux » a-t-elle déclarée à ses anciens collègues de l’application les incitant à faire remonter l’information. Un porte-parole de Facebook a désigné cette erreur comme étant « inacceptable » et présenté ses excuses à tous les internautes ayant « vu ces recommandations insultantes. L’entreprise a désactivé par la suite l’option de recommandation sur ce sujet dès lors que cette erreur fut découverte. Encore une fois, cet épisode montre que l’intelligence artificielle qui examine et propose des services aux utilisateurs est toujours imparfaite et que ces systèmes ont « des progrès à faire ». L’entreprise a besoin de plus d’effort pour arriver à construire une bulle personnalisée pour tous ses clients, soit 3 milliards d’utilisateurs. Le sujet n’a pas été sans mépris de la part d’associations militant contre le racisme ou d’autres formes de discriminations des réseaux sociaux, qui accusent ces algorithmes de contribuer à la « division de la société américaine ». Des tensions sont apparues notamment dans le contexte du mouvement « Black Lives Matter ». Les groupes comme Facebook, Instagram ou Twitter ont encore des progrès à faire dans le domaine de l’intelligence artificielle et risque d’augmenter ce type d’erreurs dans les prochaines années. Maxence Jahan, 2nde 1